Renault a levé le voile ce 8 septembre 2026 sur la deuxième génération de la Dacia Spring, désormais assemblée à Novo Mesto, en Slovénie, et affichée à partir de 17 900 euros en France, hors bonus écologique.
Le déménagement industriel constitue le vrai coup de force de ce lancement, bien plus que les 15 cm de longueur et les 18 cm de largeur gagnés par la carrosserie. La première Spring sortait des chaînes chinoises de Dongfeng à Shiyan, ce qui la disqualifiait mécaniquement des bonus écologiques conditionnés à l’empreinte carbone de production, en France comme ailleurs. En rapatriant l’assemblage sur le sol européen, Renault ne fait pas de la géopolitique de salon, il récupère plusieurs milliers d’euros de subventions pour son client final et transforme un handicap réglementaire en arme commerciale. Une citadine électrique éligible aux aides à 17 900 euros est un ticket d’entrée que les BYD Dolphin Surf et autres Leapmotor T03 vont devoir regarder droit dans les yeux.
La plateforme RG-EV Small partagée avec la Renault 5, la Renault 4, l’Alpine A290 et la future Twingo explique une bonne part de l’équation économique. Mutualiser une architecture sur cinq modèles, c’est amortir des centaines de millions d’euros de développement sur des volumes autrement inaccessibles à une marque low cost, et c’est là que Luca de Meo aura laissé sa marque la plus durable chez Renault. La chimie retenue pour l’accumulateur suit la même logique implacable, avec une batterie LFP de 27,5 kWh qui écarte le cobalt et le nickel au profit du lithium-fer-phosphate, moins dense mais nettement moins cher et plus tolérant aux charges répétées à 100 %.
Les chiffres techniques assument leur frugalité sans s’en excuser. Un moteur unique de 80 chevaux (60 kW) et 175 Nm, un 0 à 100 km/h en 12,1 secondes, une vitesse de pointe de 130 km/h et jusqu’à 250 km d’autonomie WLTP pour 1 212 kg sur la balance, soit 200 kg de plus que l’ancienne. La recharge se contente d’un chargeur 6,6 kW en série (neuf heures pour passer de 15 % à 80 %), grimpe à 11 kW en option pour ramener l’exercice à 1 h 55, et propose enfin du courant continu à 50 kW capable d’expédier l’opération en 28 minutes. Personne ne traversera l’Europe avec, personne n’a jamais prétendu le contraire.
L’habitacle abandonne l’austérité punitive de la première mouture avec un combiné numérique de 7 pouces, un écran central de 10,1 pouces, Apple CarPlay et Android Auto sans fil, des boutons physiques conservés pour la climatisation, un coffre de 337 litres (1 283 litres banquette rabattue), un frunk optionnel de 18 litres et la fonction V2L pour alimenter un appareil externe. Deux finitions, Expression et Journey, quatre teintes… la carte des options reste volontairement squelettique, parce que la complexité industrielle coûte cher et que Dacia a construit tout son modèle d’affaires sur ce refus.
Les 210 000 exemplaires écoulés depuis 2021 valident la thèse commerciale, et la Spring inaugure une offensive de quatre modèles 100 % électriques chez la marque roumaine d’ici la fin de la décennie. Le pari mérite d’être nuancé car la marge sur ce segment demeure famélique et dépend étroitement du maintien des aides publiques.
Les constructeurs européens ont passé cinq ans à expliquer qu’une électrique abordable produite sur le continent relevait de l’utopie comptable. Renault vient de la mettre en vente à moins de 20 000 euros partout en Europe.

