BYD prépare une mini-citadine électrique destinée aux marchés internationaux, Europe en tête. Le modèle s’appuiera sur la technologie de batterie mise au point pour la Racco, sa kei-car japonaise lancée cet été. Le lancement est prévu dans deux à trois ans, avec l’ambition déclarée d’aller chercher le plancher tarifaire du marché européen.
La plateforme X-Pack intègre onduleurs et électronique de puissance directement dans le pack batterie logé sous le plancher, au lieu de les entasser sous le capot. Le principe existe ailleurs dans l’industrie, mais personne ne l’avait appliqué à un véhicule aussi compact. La Racco mesure 3,40 m de long, 1,475 m de large et 1,80 m de haut. Elle dispose de quatre portes, dont deux coulissantes. Malgré ce gabarit, elle embarque jusqu’à 36 kWh de batterie, revendique 320 km d’autonomie et accepte la recharge à 100 kW, de quoi passer de 10 à 80 % en une vingtaine de minutes. C’est la première kei-car à franchir la barre des 300 km. Ni Nissan ni Suzuki n’ont réussi à en faire autant sur leur propre terrain.
Bruxelles a créé en 2025 la catégorie « E-car » (M1E), réservée aux petits véhicules électriques de moins de 4,2 m produits dans l’Union et assortie d’aides à l’achat. Ursula von der Leyen avait justifié cette classification par la nécessité pour l’Europe d’avoir « sa propre E-car, efficace, économique et européenne », et de ne pas laisser la Chine conquérir ce segment. Douze mois plus tard, le premier constructeur à structurer une plateforme taillée pour ce dispositif s’appelle BYD. Son usine hongroise, dont l’ouverture est prévue cette année malgré des retards, servirait de site de production. L’assemblage sur sol européen neutraliserait au passage les droits de douane qui frappent les électriques importées de Chine.
La Racco démarrera autour de 2,5 millions de yens au Japon, soit environ 16 000 euros. Le dérivé européen viserait un tarif inférieur à 18 000 euros en France, dans le territoire de la Dacia Spring affichée à 16 900 € et de la Leapmotor T03 vendue 18 900 €. Il viendrait se glisser sous la BYD Dolphin Surf, proposée à 19 990 € et déjà parmi les électriques les moins chères du marché français. Stella Li, vice-présidente de BYD, l’a formulé sans ambiguïté : « Au Japon, nous lançons déjà une kei-car, nous suivrons de très près la réglementation européenne. » Elle a ajouté que si la place existe, le groupe peut amener cette voiture ici.
Exporter la Racco en l’état exigerait une réingénierie lourde pour l’homologation européenne, notamment sur la protection en choc latéral. BYD a déjà écarté l’Australie pour les mêmes raisons. Honda en a fait la démonstration avec sa Super-One, dérivée de la N-One australienne. Plus longue, plus large, plus haute et sensiblement plus chère que l’originale nippone. BYD optera donc pour un modèle européen distinct, qui pourrait ensuite servir l’Australie sans nécessiter une troisième variante.
La Racco a engrangé plus de 700 commandes en une semaine fin juillet au Japon, mais seulement 125 immatriculations ont suivi, essentiellement des véhicules de démonstration. L’objectif reste fixé à 10 000 commandes d’ici la fin de l’année, et BYD ne dispose que de 80 points de vente face aux 50 000 sous-concessionnaires de Suzuki et aux 30 000 de Daihatsu.
BYD n’a pas construit une kei-car pour séduire le Japon. Elle a construit un pack batterie capable de siphonner le segment européen des citadines abordables. Dacia devrait relire ses projections.

