Un téléphone vibre dans le noir, une musique sourde monte en pression, et la silhouette d’un homme masqué d’un lapin se découpe près d’un pont, arme au poing… Netflix a dévoilé le premier teaser d’Animals, une minute sans le moindre dialogue qui suffit déjà à électriser la cinéphilie mondiale, et le film sortira le 9 octobre prochain, simultanément en salles sélectionnées et sur la plateforme.
Ben Affleck reprend pour la première fois les rênes de la mise en scène depuis Air (2023), ce drame sur la genèse du partenariat entre Nike et Michael Jordan qu’il avait tourné aux côtés de Matt Damon. Trois ans et demi plus tard, l’homme de Gone Baby Gone, d’Argo et de The Town revient à ce qu’il fait de mieux derrière la caméra, le thriller nerveux ancré dans une Amérique où la respectabilité de façade se fissure au premier coup de fil anonyme. Affleck y incarne Mark Kimball, candidat à la mairie de Los Angeles, dont la vie méticuleusement construite bascule lorsque son fils est enlevé en pleine campagne électorale.
Kerry Washington lui donne la réplique dans le rôle d’Abigail Kimball, épouse et mère plongée dans un cauchemar qui l’oblige à se salir les mains bien au-delà de ce que la politique exige d’ordinaire. Le teaser les montre ensemble dans une pièce close, visages tendus, tandis qu’un appel en haut-parleur résonne au bord d’une piscine et que des images de campagne défilent comme les fragments d’une vie d’avant. Washington, en larmes face à Adriana Paz, offre déjà dans ces quelques plans une intensité qui promet un affrontement d’acteurs de très haut vol.
Gillian Anderson débarque en « fixer », cette spécialiste de la gestion de crise et de la négociation que l’on appelle quand toutes les options conventionnelles ont échoué, et Steven Yeun (qui retrouve Affleck après The Rip, sorti plus tôt cette année) campe le directeur de campagne du candidat. Le casting aligne également Luis Gerardo Méndez, Ray Fisher (les retrouvailles Batman-Cyborg de Justice League ont de quoi amuser les fans), Matt Gerald et Jacob Estrada. Qui, dans cet entourage politique et familial, peut encore être cru ? La logline officielle parle d’une « toile de tromperie » où chaque choix risque de « déchirer leur monde ».
Le scénario, signé Connor McIntyre, a été retravaillé par Billy Ray (plume aguerrie du thriller paranoïaque, de Shattered Glass à Captain Phillips) et par Affleck lui-même, ce qui laisse présager un contrôle d’auteur total sur le récit. Le projet, développé par Brad Weston et Collin Creighton chez MakeReady avec Fifth Season, est désormais produit sous la bannière Artists Equity, la société cofondée par Affleck et Damon avec Dani Bernfeld. Damon devait d’ailleurs tenir un rôle devant la caméra avant de se retirer pour cause de conflit d’emploi du temps avec The Odyssey de Christopher Nolan. The Hollywood Reporter avait par ailleurs rapporté que Jennifer Garner, ex-femme d’Affleck, était un temps pressentie pour un rôle-clé, ajoutant une couche de curiosité people à un projet déjà très scruté.
Animals s’inscrit dans la stratégie de Netflix visant à attirer les cinéastes confirmés avec la promesse d’une double fenêtre, salles et streaming, qui garantit à la fois le prestige d’une sortie sur grand écran et l’audience planétaire de la plateforme. Pour Affleck, dont le palmarès derrière la caméra reste étonnamment court (cinq longs-métrages en dix-huit ans, dont un Oscar du meilleur film pour Argo), ce thriller politique pourrait, du moins s’il tient les promesses de son teaser magnétique, rappeler au monde que le bonhomme est peut-être encore plus redoutable en réalisateur qu’en acteur.

