6 000 clients français de XPeng. Ce jalon symbolique a été atteint en à peine plus de deux ans après l’arrivée de la marque dans l’Hexagone en mai 2024 (d’abord avec le SUV flagship G9 et le G6, rival frontal du Tesla Model Y), raconte une trajectoire rare pour un constructeur chinois en Europe dont seul BYD peut réellement se vanter.
Les chiffres de juillet 2026 montrent une courbe exponentielle que les marques européenne auraient tort d’ignorer. XPeng a expédié 9 700 véhicules hors de Chine sur le seul mois de juillet, soit une envolée de 223 % sur un an et une progression de près de 29 % par rapport à juin. L’international représente désormais 25,5 % des livraisons totales du groupe, la proportion la plus élevée jamais enregistrée, un quart de la production qui file vers l’étranger… là où cette part plafonnait encore sous les 10 % il y a dix-huit mois.
La P7+, pièce maîtresse de cette offensive continentale, a connu un parcours soigneusement orchestré. Dévoilée aux Européens au Mondial de l’auto de Paris en octobre 2024, lancée en Chine le mois suivant, puis déclinée en version mise à jour avec option EREV dès janvier 2025 pour le marché européen, elle est aujourd’hui assemblée à Graz, en Autriche, ce qui lui confère un ancrage industriel local et lui permet d’esquiver, du moins en partie, les surtaxes douanières qui menacent les importations directes depuis la Chine.
Le bilan cumulé de janvier à juillet 2026 confirme solidement la tendance, avec 41 299 unités livrées à l’étranger (+90 % sur un an), soit un cinquième de l’ensemble des 204 004 véhicules écoulés dans le monde. Le marché domestique chinois, lui, s’est légèrement contracté sur la période (−12,78 % en glissement annuel), ce qui rend l’accélération internationale d’autant plus vitale pour la santé financière du groupe coté à New York. XPeng vise 90 000 livraisons hors frontières en 2026, un objectif qui semblait ambitieux en début d’année et qui paraît désormais tout à fait atteignable au rythme actuel.
Avec plus de 1 000 points de vente répartis dans 60 pays et régions, le constructeur de Guangzhou créé un maillage commercial qui rappelle, par sa rapidité d’exécution, les premières années de Tesla en Europe. Qui aurait parié, il y a trois ans, que XPeng pariendrait à livrer 6 000 voitures électriques en France avant même la fin de l’été 2026 ? La question n’est plus vraiment de savoir si les marques chinoises s’installeront durablement sur le Vieux Continent, ce sera sans doute le cas. Elle est de savoir combien de parts de marché elles auront grignotées quand les constructeurs historiques auront seulement fini de peaufiner leur riposte.

