HBO a finalement levé le voile ce lundi 17 août sur ce que les aficionados de l’univers de Stephen King attendaient depuis près d’un an, le renouvellement officiel de It: Welcome to Derry pour une deuxième saison, propulsée cette fois dans les entrailles de la Grande Dépression américaine. La préquelle, qui avait planté ses crocs dans le public dès sa première diffusion en octobre dernier (l’une des quatre meilleures premières de série de l’histoire de HBO Max), va remonter le fil du temps de près de trois décennies pour s’ancrer en 1935, loin de la guerre froide qui servait de toile de fond à la saison inaugurale.
Pour accompagner l’annonce, HBO a dévoilé un premier teaser baptisé « 1935 », qui montre Pennywise de retour dans les rues du Maine. À découvrir en haute de cet article.
Bill Skarsgård, dont le sourire carnassier et les yeux jaunes ont déjà terrorisé deux générations de spectateurs au cinéma puis sur petit écran, est bien évidemment de retour sous le maquillage de Pennywise. Et c’est Brad Caleb Kane qui prend désormais seul les rênes du showrunning, après avoir partagé la fonction avec Jason Fuchs sur la première saison. Un changement de gouvernance créative qui n’a rien d’anodin… puisque c’est précisément la recherche d’une nouvelle direction narrative qui explique le délai inhabituellement long entre la diffusion de la saison 1 et l’annonce du renouvellement. L’équipe a tout reconstruit à partir de zéro, sans recycler les arcs existants.
Le cœur battant de cette saison 2 sera le massacre du Bradley Gang, un épisode aussi sanglant que fascinant du roman originel de King. Dans le livre, les Bradley étaient des hors-la-loi du Midwest façon Dillinger ou Bonnie & Clyde, huit desperados (menés par les frères Al et George Bradley, accompagnés de Kitty Donahue, des frères Conklin, d’Arthur Malloy, de Patrick Caudy et de Marie Hauser) qui commettent l’erreur fatale de s’arrêter à Derry pour acheter des munitions. Qui pouvait deviner que la petite ville du Maine réservait aux braqueurs une horreur autrement plus dévorante que n’importe quel shérif ? Les fans les plus attentifs avaient déjà repéré les indices disséminés dans la saison 1, notamment cette voiture du gang exhumée par l’US Air Force lors de l’Operation Precept dans le deuxième épisode, avec des cadavres encore coincés à l’intérieur, ou encore la fresque murale furtivement visible dans le film It de 2017.
Andy et Barbara Muschietti, architectes de la franchise cinématographique qui a engrangé plus d’un milliard de dollars au box-office mondial, restent solidement arrimés à la production exécutive sous leur bannière Double Dream, épaulés par Roy Lee, Dan Lin, Jamie Travis et Dhana Gilbert. Sarah Aubrey, responsable de la programmation originale HBO Max, a salué la direction prise par la nouvelle saison avec un enthousiasme non dissimulé : « Ensemble avec Brad Caleb Kane, ils vont ouvrir de nouveaux territoires dans la saison 2, en approfondissant la terreur, le mystère et la mythologie inoubliable de Pennywise que les fans adorent dévorer. » Les Muschietti, de leur côté, ont résumé l’affaire avec une candeur désarmante : « Continuer à explorer et à enrichir l’incroyable univers créé par Stephen King est un privilège absolu. Ce que nous aimons nos métiers ! »
La saison 1 avait déjà récolté environ 80 % de scores favorables auprès des critiques et du public sur Rotten Tomatoes, preuve que la transposition sérielle de l’œuvre de King tient fermement la route au-delà de l’effet de curiosité initiale. Plonger dans les années 1930, c’est aussi offrir à la série un terrain esthétique et narratif radicalement différent, celui d’une Amérique ravagée par la misère économique, où la violence des gangs se mêle à une terreur surnaturelle tapie sous les égouts de Derry.
Jusqu’où peut-on étirer le cycle des apparitions de Pennywise sans épuiser sa puissance d’effroi ? La réponse se trouve peut-être dans le roman lui-même, qui documente les résurgences de l’entité maléfique tous les vingt-sept ans environ, offrant à la série un réservoir d’époques et de carnages encore largement inexploré.

