Le Xiaomi 18 Ultra ne verra pas le jour cette année, et le continent européen devra s’en accommoder. Selon le tipster Kartikey Singh, qui a publié l’information sur X mi-août, le constructeur chinois aurait purement et simplement rayé la variante Ultra de sa série 18, laissant au Xiaomi 18 Pro Max le rôle de vaisseau amiral. La raison invoquée tient en quelques mots peu glamour pour un flagship à plus de mille euros… la flambée des coûts de mémoire et de stockage.
Xiaomi devrait donc se contenter de trois modèles dans sa gamme 18, là où la génération précédente avait culminé avec un Ultra dévoilé en grande pompe. Le Pro Max hérite de la couronne par défaut, promu sommet de la ligne sans que ses spécifications aient été pensées pour cela dès l’origine. Le constructeur n’abandonnerait pas définitivement le label Ultra, un successeur pourrait resurgir l’an prochain, mais l’édition 2026 fait l’impasse. Quand la facture des composants grimpe, même les géants de Pékin savent reculer.
Le phénomène dépasse largement Xiaomi et frappe l’ensemble du segment premium chinois destiné à l’international. Kartikey Singh affirme en effet que le vivo X500 Ultra et l’OPPO Find X10 Ultra, tous deux attendus dans les prochains mois, resteraient cantonnés au marché chinois. Les deux appareils seront bien présentés et commercialisés en Chine, conformément au calendrier habituel, mais ne bénéficieraient d’aucun lancement mondial. Pour les amateurs européens de photophones extrêmes et de capteurs démesurés, la pilule est amère.
L’ironie veut que la génération actuelle avait justement marqué une rupture. L’OPPO Find X9 Ultra et le vivo X300 Ultra avaient été, chacun dans leur lignée, les tout premiers Ultra de leurs marques respectives à franchir les frontières chinoises. vivo, qui avait traditionnellement réservé ses déclinaisons les plus musclées à son marché domestique, avait fait le pari de la mondialisation avec le X300 Ultra. Ce pari semble déjà révolu, du moins pour cette génération. Le retour au statu quo ante est d’autant plus frappant qu’il intervient après un seul cycle d’ouverture.
Reste à savoir si les déclinaisons moins extrêmes (Pro, Pro Max) des gammes vivo et OPPO subiront le même sort. Rien ne l’indique à ce stade, et les deux constructeurs ont tout intérêt à maintenir une présence internationale sur le segment premium classique. La question de fond concerne la viabilité économique des Ultra hors de Chine, où les volumes de vente justifient encore des configurations mémoire et stockage généreuses malgré la hausse des tarifs. En Europe et en Inde, les marges sur ces appareils à prix stratosphérique sont sans doute trop étroites pour absorber le surcoût.
L’amateur européen de flagships Android se retrouve ainsi face à un paradoxe. Les constructeurs chinois ont passé cinq ans à prouver qu’ils pouvaient rivaliser avec Samsung et Apple sur le terrain de l’ultra-premium, investissant massivement dans l’imagerie, les écrans et la charge rapide. Puis, au moment où la crédibilité est enfin acquise, ils replient leurs meilleures cartes derrière la Grande Muraille. Qui, dans ce contexte, viendra occuper le créneau du flagship Android sans compromis sur les marchés occidentaux ? Samsung, seul rescapé par défaut, n’a même pas besoin de forcer.

