Un million de pliables en plus, commandés en catastrophe cette semaine par Samsung à ses lignes de production, parce que la demande pour le Galaxy Z Fold 8 a tout simplement pulvérisé les prévisions les plus optimistes du constructeur coréen. Le nouveau format élargi de ce pliable, celui que les passionnés attendaient depuis des années, a déclenché une frénésie de précommandes telle que certains coloris et certaines variantes de stockage se sont retrouvés épuisés ou lourdement retardés avant même la clôture de la période de réservation, la semaine dernière.
Les chiffres européens donnent le vertige et racontent à eux seuls l’ampleur du phénomène. Les précommandes du Fold 8 ont bondi de 70 % par rapport à celles du Galaxy Z Fold 7 sur le Vieux Continent, et détrôné au passage un record que l’on croyait solidement ancré dans les annales de Samsung, celui du Galaxy Note 10. On parle ici d’un appareil pliable à plus de mille euros qui surpasse en engouement un smartphone classique jadis considéré comme le pinacle de la gamme Galaxy… Le symbole est puissant.
Samsung avait déjà anticipé cette montée en puissance en augmentant ses volumes de fabrication bien au-delà de ceux des générations précédentes, mais la réalité du marché a visiblement dépassé toutes les projections internes. Le million d’unités supplémentaires, révélé par le média coréen ETNews et relayé par 9to5Google, vient donc s’empiler sur une base de production déjà historiquement élevée pour un pliable de cette catégorie. Ce n’est pas un ajustement cosmétique, c’est un recalibrage industriel en plein lancement.
Le format large du Fold 8, qui transforme véritablement le smartphone en tablette de poche exploitable (et non plus en compromis bancal entre deux usages), semble avoir trouvé son public bien au-delà du cercle des early adopters habituels. Samsung estime d’ailleurs que ce succès va forcer l’ensemble de l’écosystème Android à embrasser ce gabarit élargi, une conviction d’autant plus intéressante qu’Apple prépare, en toile de fond, son tout premier iPhone pliable dans un format similaire. La convergence des deux géants vers la même philosophie d’écran déployable valide, du moins rétrospectivement, le pari que Samsung a lancé il y a maintenant six générations.
Qui aurait parié, il y a encore deux ans et demi, que le pliable large deviendrait le segment le plus dynamique du marché premium ? Les sceptiques qui raillaient la charnière fragile et l’épaisseur excessive des premiers Fold doivent aujourd’hui composer avec une réalité commerciale têtue, celle d’un appareil qui génère davantage d’engouement qu’un Galaxy Note à son apogée. Samsung n’a pas seulement convaincu les technophiles, le constructeur a manifestement séduit une frange du grand public suffisamment large pour justifier un coup d’accélérateur industriel d’un million de pièces en plein mois d’août.
La vraie question désormais, c’est de savoir si cette vague de précommandes se traduira par un effet durable sur les ventes trimestrielles ou si elle reflète un pic d’enthousiasme concentré sur le lancement. Samsung, en tout cas, a choisi de miser gros et vite, préférant le risque du surstock à celui de la rupture, un luxe que seul un succès aussi spectaculaire autorise.

