Google offre désormais aux possesseurs de Pixel ce que Samsung et même Apple proposaient depuis longtemps, à savoir la possibilité de réorganiser librement la disposition du panneau de réglages rapides. La fonctionnalité, apparue dans la troisième bêta du QPR2 d’Android 17, s’apprête à rejoindre la version stable d’ici décembre prochain, et elle comble un manque que les utilisateurs les plus exigeants traînaient comme un grief silencieux.
En déployant le panneau Quick Settings d’un geste vers le bas, un nouveau bouton d’édition donne accès à un écran de personnalisation scindé en deux onglets, dont l’un baptisé « Layout » permet de réagencer l’ordre des trois composants principaux (tuiles de raccourcis, curseur de luminosité, lecteur multimédia). La disposition par défaut place la luminosité en haut, les tuiles au centre et le lecteur en bas, mais l’utilisateur peut désormais intervertir ces blocs à sa guise. Glisser le curseur de luminosité tout en bas du panneau, par exemple, le rend bien plus accessible au pouce… un détail ergonomique que des millions d’utilisateurs réclamaient sans être entendus.
La portée de cette nouveauté reste, en tout cas pour l’instant, volontairement contenue. Impossible de redimensionner les zones ou d’en masquer certaines. Google se contente de proposer un réarrangement vertical, sans toucher à la grille des tuiles elle-même ni à la taille du lecteur multimédia. On est loin de l’arsenal de personnalisation qu’offre One UI de Samsung, où chaque pixel (sans majuscule) du panneau peut être sculpté selon les envies. Mais pour un constructeur qui a longtemps considéré la sobriété logicielle comme une vertu cardinale, le geste mérite d’être relevé.
Pourquoi Google a-t-il tant tardé ? L’entreprise qui développe Android et en fixe les standards a paradoxalement toujours livré ses propres téléphones avec moins d’options de personnalisation que ses partenaires. Le Pixel, vitrine logicielle du système, privilégiait la cohérence visuelle au détriment de la flexibilité. Cette philosophie a ses mérites, mais elle finissait par paraître anachronique face à un iOS qui, ces dernières années, a multiplié les leviers de personnalisation sur l’écran de verrouillage et le centre de contrôle.
Les utilisateurs impatients peuvent d’ores et déjà tester la fonctionnalité en rejoignant le programme Android Beta. Les autres devront patienter jusqu’à la mise à jour stable attendue en décembre, date à laquelle l’ensemble des Pixel compatibles en hériteront. Google a par ailleurs glissé dans cette même bêta de nouvelles options de couleurs personnalisées, signe que la firme de Mountain View semble avoir décidé de desserrer l’étau de son minimalisme logiciel.
Ce premier pas vers davantage de modularité du panneau Quick Settings annonce t-il une refonte plus ambitieuse ? Ou s’il s’agit d’un ajustement cosmétique destiné à calmer les critiques récurrentes ? La réponse viendra peut-être avec Android 18, quand Google devra choisir entre sa tradition d’épure et l’appétit grandissant de ses utilisateurs pour un système qu’ils peuvent véritablement modeler à leur image.

