Samsung a testé, évalué, puis écarté l’ouverture variable pour l’ensemble de sa gamme Galaxy S27, selon un rapport du média coréen ETNews. La décision intervient à quelques semaines avant qu’Apple ne dévoile cette même technologie sur ses iPhone 18 Pro et 18 Pro Max.
Le constructeur coréen avait été le premier à intégrer une double ouverture mécanique dans un smartphone grand public, avec le Galaxy S9 en 2018, puis avait reconduit le dispositif sur le S10 l’année suivante. Dès le Galaxy S20, en 2020, la fonctionnalité disparaissait sans cérémonie. Cinq ans plus tard, Samsung refuse donc de reprendre ce qu’il avait lui-même inventé… au moment précis où son rival californien s’en empare.
Les modules à ouverture variable fournis par MCNEX et Samsung Electro-Mechanics ont bien été mis à l’épreuve en interne, mais le verdict est tombé sans appel. Trois facteurs ont pesé dans la balance, notamment des coûts de fabrication jugés trop élevés, un épaississement du bloc caméra difficilement compatible avec les contraintes de design actuelles, et des gains en qualité d’image estimés insuffisants pour justifier le surcoût. Dans un contexte où les prix de la DRAM grimpent déjà et compriment les marges, ajouter un mécanisme mécanique coûteux au module photo relevait du luxe industriel.
Toute la gamme S27 est concernée, du modèle standard au S27 Ultra en passant par le S27+ et le S27 Pro. Samsung mise plutôt sur la montée en résolution, avec un capteur principal de 200 mégapixels attendu sur les déclinaisons Pro et Ultra, accompagné d’un ultra grand-angle de 50 mégapixels. Le S27 Pro embarquerait un téléobjectif 12 mégapixels avec zoom optique 3x, tandis que le S27 Ultra conserverait son téléobjectif 50 mégapixels au zoom 5x. La philosophie est limpide dans sa logique comptable, du moins sur le papier : plus de pixels plutôt que plus de mécanique.
Apple, de son côté, semble avoir tiré la conclusion inverse. L’ouverture variable permet en théorie de moduler la profondeur de champ et d’optimiser l’exposition selon les conditions lumineuses, un avantage que les algorithmes logiciels ne reproduisent qu’imparfaitement. Huawei utilise déjà cette approche sur certains de ses flagships, preuve que la technologie a mûri depuis les premières tentatives de Samsung. Pourquoi alors le pionnier refuse-t-il d’y revenir ? Parce que le rapport coût-bénéfice, tel que Samsung l’évalue aujourd’hui, ne penche pas du bon côté.
Cette divergence stratégique entre les deux géants révèle une fracture plus profonde dans leur vision de la photographie mobile. Apple, qui contrôle toute sa chaîne logicielle et peut amortir le surcoût matériel sur des marges unitaires généreusement supérieures, se permet d’intégrer un composant mécanique sophistiqué comme argument de différenciation premium. Samsung, confronté à une concurrence Android féroce sur les prix et à des coûts de composants en hausse, préfère investir ses ressources ailleurs.
Le pari n’est pas sans risque. Si l’ouverture variable de l’iPhone 18 Pro convainc les photographes mobiles et devient un argument marketing redoutable à la rentrée, Samsung pourrait se retrouver à justifier une absence là où il fut jadis précurseur, une position que le géant de Suwon n’a sans doute pas l’habitude d’apprécier.

