Sony Pictures Television a officiellement scellé un nouvel accord de licence de cinq ans avec Netflix pour prolonger la présence des 180 épisodes de Seinfeld jusqu’en 2031. Le géant du SVOD avait déboursé environ 500 millions de dollars en 2019 pour s’offrir les mésaventures new-yorkaises de Jerry Seinfeld dès 2021, et voyait ce contrat fondateur approcher de son terme ultime le 1er octobre 2026. L’accord révisé garantit désormais une exclusivité totale du streaming payant sur les territoires américain et canadien, tout en conservant la présence de la sitcom sur la plateforme dans le monde entier (notamment en France, au Royaume-Uni ou en Australie).
Près de 60 millions d’Américains (soit environ 20% de la population des États-Unis) ont visionné au moins une minute de Seinfeld au premier semestre 2026 selon l’institut Nielsen. Le bouillonnant catalogue mondial de Netflix a enregistré 1,816 milliard d’heures de visionnage pour la série entre 2023 et 2026, accumulant l’équivalent vertigineux de 236,6 millions de vues complètes. Chaque saison réunit à elle seule entre 3 millions et 3,5 millions de spectateurs tous les six mois… un raz de marée d’audience permanente que la plateforme californienne ne pouvait pas laisser s’échapper vers la concurrence.
Paramount a parallèlement sécurisé les droits de diffusion télévisuelle pour trois années supplémentaires sur ses chaînes câblées américaines (Comedy Central et TV Land), où la création de Jerry Seinfeld et Larry David surpasse encore l’écrasante majorité des programmes chez les 25-54 ans. Le montant de cette renégociation globale s’avère inférieur au demi-milliard investi lors du grand transfert de 2019, mais Sony Pictures Television gagne en échange la liberté de licencier la série de manière non exclusive à d’autres diffuseurs internationaux. Ted Sarandos, co-CEO de Netflix, s’est vivement félicité de cette reconduction « La série célèbre pour ne rien montrer est en fait tout, et nous sommes fiers d’être la maison de streaming de Seinfeld, l’une des plus grandes comédies de l’histoire de la télé. »
Keith Le Goy, président de Sony Pictures Television, a salué le triomphe de la sitcom lancée en 1989 sur NBC en déclarant « Seinfeld démontre qu’une propriété intellectuelle exceptionnelle traverse le temps. » L’opération confirme en tout cas le rôle névralgique des comédies cultes dans les stratégies de rétention d’abonnés, là où la moindre frénésie nostalgique génère des milliards de minutes consommées en continu. Les abonnés continueront d’explorer les obsessions névrotiques du studio de Manhattan, bien au-delà de la décennie.

