Apple dévoilera en septembre son tout premier iPhone pliable aux côtés des iPhone 18 Pro, mais les acheteurs européens risquent fort de ne pouvoir le toucher avant plusieurs mois. Selon des informations rapportées par le site australien ChannelNews, citant des opérateurs locaux et un fournisseur chinois, le lancement de l’iPhone Ultra suivra un déploiement échelonné, pays par pays, avec les États-Unis en tête de file et le reste du monde relégué à la salle d’attente.
Sept à huit millions d’unités produites au second semestre 2026, voilà le chiffre qui explique tout. Apple fabrique chaque année des dizaines de millions d’iPhone Pro, mais le pliable joue dans une autre catégorie industrielle. La charnière, l’écran flexible, l’approvisionnement en puces DRAM posent des contraintes que Foxconn a dû affronter jusqu’au dernier moment, avec des ajustements d’ingénierie tardifs sur les modèles de préproduction. L’analyste Ming-Chi Kuo avait déjà estimé que les précommandes de l’Ultra débuteraient après celles des modèles classiques, la production limitée rendant illusoire un lancement simultané dans plus de quarante pays.
Le précédent du Vision Pro plane sur cette stratégie. Le casque spatial, commercialisé en février 2024 aux seuls États-Unis, n’avait atteint la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni qu’en juillet de la même année, soit cinq mois plus tard. L’iPhone Ultra, avec un prix attendu entre 2 300 et 2 500 dollars (probablement au-delà de 2 500 euros en zone euro, TVA et taux de change obligent), emprunte la même trajectoire. La Chine, marché stratégique où Samsung et Huawei occupent déjà le terrain du pliable, devrait être servie avant l’Europe, si l’on en croit le schéma évoqué par les sources de ChannelNews.
Pour la France, le calendrier reste enveloppé de flou. Les informations disponibles évoquent un décalage de « deux à trois mois » par rapport au lancement américain. Si Apple ouvre les ventes outre-Atlantique fin septembre ou début octobre, les consommateurs français pourraient donc découvrir l’appareil en boutique entre novembre 2026 et janvier 2027. L’Australie serait encore plus mal lotie, reléguée selon ChannelNews « en bout de file ». Aucune confirmation officielle n’est venue d’Apple, qui cultive comme toujours un silence méthodique.
L’appareil lui-même promet d’être spectaculaire, du moins sur le papier. Un écran interne de 7,7 à 7,8 pouces, un écran de couverture de 5,5 pouces et une épaisseur d’environ 4,5 mm une fois replié dessinent un terminal qui rivaliserait frontalement avec le Galaxy Z Fold de Samsung. Mais la complexité mécanique d’un tel objet, notamment la durabilité de la pliure et la fiabilité de la charnière, a visiblement poussé Apple à privilégier la prudence sur le volume. Kuo maintient d’ailleurs sa prévision de 7 à 8 millions d’unités expédiées sur l’année, soit un tiers seulement des volumes anticipés pour les iPhone 18 Pro.
L’événement de présentation est attendu le 8 ou le 9 septembre. Apple y montrera l’Ultra sur scène, suscitera le désir… puis demandera à la majeure partie de la planète de patienter. Une recette éprouvée qui transforme la rareté en argument marketing, et la frustration des acheteurs européens en publicité gratuite. Reste à savoir si, à plus de 2 000 euros pièce, la patience des Français tiendra aussi longtemps que l’écran pliable.

