Des propriétaires de Galaxy Watch 9 et de Galaxy Watch Ultra 2 découvrent avec stupeur que recharger leur montre peut désormais prendre entre deux et quatre heures, soit le double, voire le triple, du temps annoncé par Samsung dans ses fiches techniques. Le phénomène, remonté sur les forums Reddit et les communautés Samsung Members depuis plusieurs semaines, porte un nom bien connu des ingénieurs en électronique, le thermal throttling, ce mécanisme de sécurité qui bride la puissance de charge dès que la température du boîtier dépasse un certain seuil. Sauf qu’ici, le seuil semble déclenché avec une sensibilité déraisonnable, et les conséquences sont franchement absurdes.
Le scénario se répète d’un témoignage à l’autre avec une régularité presque comique. L’utilisateur pose sa montre sur le pad de charge sans fil, la jauge grimpe normalement pendant une vingtaine de minutes, puis la vitesse s’effondre. La puissance absorbée chute alors de 5,5 W (le régime nominal prévu par Samsung) à environ 3,5 W, parfois moins, et la montre entre dans une sorte de léthargie énergétique dont elle ne sort plus. Résultat, un appareil censé atteindre 100 % en 80 à 90 minutes stagne péniblement pendant des heures, affichant parfois un gain de seulement 1 % toutes les cinq minutes au-delà de 60 % de batterie.
La cause identifiée par la communauté tient en deux mots, thermal throttling agressif, et la mécanique est limpidement documentée par ceux qui ont eu la patience de mesurer. Le capteur de température intégré au dos du boîtier détecte une élévation thermique (souvent au-delà de 40 °C) et ordonne au contrôleur de charge de réduire drastiquement le courant entrant. Le problème, c’est que la charge sans fil par induction génère intrinsèquement de la chaleur, et que le firmware actuel semble avoir été calibré avec des marges de sécurité si conservatrices que le moindre environnement tiède (une pièce à 25 °C, un socle de charge posé sur un bureau exposé au soleil, voire la chaleur résiduelle du poignet après une séance de sport) suffit à déclencher le bridage.
Les solutions bricolées par les utilisateurs relèvent parfois du génie, parfois de la pure débrouillardise désespérée. Certains placent un petit ventilateur USB directement orienté vers le pad de charge pendant toute la durée de la session. D’autres, plus audacieux, ont recours à des packs de glace enveloppés dans un linge fin, glissés sous le chargeur pour maintenir la température ambiante au plus bas. On trouve même des témoignages évoquant l’application de pâte thermique entre le fond du chargeur et une surface métallique servant de dissipateur improvisé… Autant de bidouilles qui, selon leurs auteurs, permettent effectivement de ramener le temps de charge sous la barre des 90 minutes, confirmant par la même occasion que le problème est bien d’origine thermique et non lié à un défaut de batterie. Ceux qui veulent une marche à suivre en vidéo peuvent consulter ce tutoriel consacré à la recharge lente du Galaxy Watch 9.
La Galaxy Watch Ultra 2, positionnée comme le fer de lance outdoor de Samsung avec son boîtier en titane de 47 mm et sa batterie de 590 mAh (plus volumineuse que celle de la Watch 9 standard), semble encore plus touchée par le phénomène. Le titane, excellent conducteur thermique, diffuse rapidement la chaleur vers le capteur, et la batterie plus imposante nécessite logiquement un temps de charge plus long, donc davantage d’énergie injectée, donc davantage de chaleur produite. Un cercle vicieux que le firmware actuel gère, pour ne pas dire subit, avec une brutalité algorithmique qui laisse les utilisateurs pantois.
Samsung n’a pour l’heure formulé aucun commentaire officiel sur ce dysfonctionnement, ni publié de mise à jour logicielle corrective. La question reste entière, celle de savoir si le problème relève d’un bug firmware susceptible d’être corrigé par un simple patch OTA (en ajustant les courbes de throttling), ou s’il trahit une contrainte matérielle plus profonde liée au design thermique des deux montres. Les précédentes générations de Galaxy Watch souffraient déjà de ralentissements de charge par temps chaud, mais jamais à ce degré de sévérité.
Quand recharger sa montre connectée exige un ventilateur, de la glace et de la pâte thermique, on peut légitimement se demander si le mot « portable » figure encore dans le cahier des charges.

