La Galaxy Watch Ultra 2 est déjà en vente dans 106 marchés à travers le monde, à peine deux jours après son annonce officielle, et les premiers verdicts tombent avec une franchise qui tranche avec le triomphalisme du communiqué de presse. Samsung joue gros avec cette deuxième itération de sa montre connectée la plus ambitieuse, facturée 749 € (649 € avec cette remise de 100€ sur Amazon), et destinée à ceux qui trouvent la version de base trop ordinaire.
Le boîtier en titane de grade 4, ce fameux « squircle » qui divise les poignets et les regards depuis la première génération, enferme désormais un écran Super AMOLED de 1,52 pouce capable de culminer à 5 000 nits selon Samsung (les mesures indépendantes de GSMArena plafonnent plutôt autour de 3 000 nits en mode lampe torche, ce qui reste parfaitement lisible jusqu’à 40 mètres sous l’eau). La dalle affiche une résolution de 480×480 pixels, le tout protégé par les certifications IP69K, 10 ATM et MIL-STD-810H, un arsenal normatif pensé pour les plongeurs, les traileurs et les aventuriers du dimanche qui veulent se sentir invincibles.
Samsung a opéré en 2026 un virage tectonique sous le capot en abandonnant son Exynos maison au profit du Snapdragon Wear Elite de Qualcomm, gravé en 3 nm. La promesse officielle parle de +32 % en performances CPU et +19 % côté GPU… mais les testeurs de GSMArena qualifient ces gains de « PR-talk », constatant des améliorations marginales dans l’usage quotidien par rapport à la génération précédente. Le fonctionnement reste fluide, réactif, sans accroc, et la montre embarque désormais 64 Go de stockage (le double de l’Ultra première du nom), ce qui permet enfin de stocker des playlists Spotify hors-ligne sans jongler avec les gigaoctets.
L’autonomie constitue sans doute l’argument le plus convaincant de cette Ultra 2, portée par une batterie de 800 mAh (contre 590 mAh auparavant, soit 35 % de capacité supplémentaire). En conditions réelles, avec le réveil au poignet activé et l’écran permanent désactivé, la montre tient environ 96 heures, soit quatre jours complets incluant suivi du sommeil, mesures cardiaques toutes les dix minutes et plusieurs séances sportives avec GPS. Avec l’affichage permanent, comptez environ 72 heures, ce qui dépasse largement les 60 heures annoncées par Samsung dans cette configuration.
Le revers de cette grosse batterie se révèle au moment de la recharge, et il est franchement agaçant. Comptez entre 1h30 et 2h pour remplir le réservoir depuis un niveau quasi nul, et surtout, la montre refuse catégoriquement de se recharger sur les chargeurs sans fil tiers, les anciens chargeurs Galaxy Watch ou même le Galaxy S26 Ultra en mode PowerShare. Seul le chargeur fourni dans la boîte fonctionne, les autres étant déclarés « incompatibles » après quelques secondes de tentative, une restriction qui ressemble fort à un verrouillage d’écosystème déguisé en contrainte technique.
Côté design, Samsung a affiné le boîtier de 1,4 mm (une réduction d’épaisseur de 12 %), adopté des sangles plus souples et plus légères, tout en ajoutant paradoxalement un gramme sur la balance (62 g). GSMArena juge la montre toujours encombrante pour un usage quotidien, la positionnant davantage comme un instrument pour conditions extrêmes que comme un compagnon de bureau. La collaboration avec le spécialiste de la plongée Mares débouchera plus tard dans l’année sur une application dédiée, Ultra2 Diving, capable de suivre automatiquement la profondeur, la température de l’eau et les vitesses d’ascension.
Face à elle, la Galaxy Watch 9 joue la carte de la continuité avec des dimensions quasi identiques à la Watch 8, des batteries de 390 et 445 mAh selon les tailles (40 et 44 mm), un écran plafonné à 3 000 nits et des tarifs nettement plus accessibles soit 409 € en 44 mm en Europe et même 369 € en profitant de la réduction de 50€ sur Amazon. Son principal atout reste la même puce Snapdragon Wear Elite que sa grande sœur, ce qui en fait peut-être le meilleur rapport qualité-prix de la gamme pour qui n’a pas besoin d’une certification de plongée.
La question qui brûle les lèvres des acheteurs potentiels reste évidemment celle du positionnement face à l’Apple Watch Ultra 3, attendue cet automne. Samsung dégaine le premier avec un prix inférieur, un stockage doublé et une autonomie qui semble tenir ses promesses, du moins sur le papier et dans les premiers tests. Mais cette histoire de chargeur propriétaire, à l’heure où l’Europe impose l’USB-C universel sur les smartphones, pourrait bien laisser un goût amer à ceux qui espéraient que la guerre des écosystèmes fermés appartenait au passé.

