OpenAI a déployé de nouveaux réglages de personnalité permettant d’ajuster la chaleur, l’enthousiasme et même la quantité d’emojis que le robot s’autorise. L’utilisateur peut donc choisir un compagnon de clavier plus ou moins expansif, plus ou moins enjoué, sans pouvoir bannir totalement ces petits symboles jaunes qui s’invitent partout.
Les ingénieurs d’OpenAI affirment que ces réglages visent à rendre les échanges plus naturels et à mieux coller aux attentes de chacun. Les professionnels de la santé mentale, eux, froncent les sourcils. Ils rappellent que des chatbots trop empathiques peuvent renforcer la dépendance émotionnelle et brouiller la frontière entre assistance et attachement. Sam Altman a reconnu un « problème de personnalité » dans les versions précédentes et promet que le nouveau modèle GPT‑5.2 a été calibré pour éviter les excès de flatterie.
Le même GPT‑5.2 se veut aussi plus performant pour le travail de connaissance professionnelle avec moins d’hallucinations et un meilleur traitement des requêtes longues. OpenAI assure que ses tests internes montrent une amélioration sur les scénarios de sécurité mentale et sur la prévention des contenus sensibles pour les mineurs. L’entreprise prépare d’ailleurs un système de vérification d’âge et un cadre d’interaction adapté aux moins de dix-huit ans.
ChatGPT a également lancé son propre « Wrapped » annuel baptisé « Your Year with ChatGPT ». L’outil dresse un portrait statistique de l’année passée avec graphiques colorés, badges de performance et même un poème généré à partir des échanges de l’utilisateur. Le tout se veut ludique et un brin auto‑dérisoire, avec un clin d’œil aux plateformes musicales qui résument nos écoutes.
Cette offensive de charme intervient alors que la concurrence s’intensifie. Google a dégainé Gemini 3 et la fréquentation de ChatGPT a connu un léger repli. Sam Altman a parlé d’un « code rouge » pour relancer la machine et il a promis que janvier marquerait un nouveau départ. L’opération séduction est donc en marche et il est probable que l’IA la plus bavarde du web n’ait pas dit son dernier mot.
ChatGPT devient un miroir de nos usages et un terrain d’expérimentation pour la conversation virtuelle. L’outil se fait caméléon, peut‑être trop, mais il continue d’apprendre à parler notre langue avec un zeste d’humour et une pincée d’autocritique… du moins tant que ses créateurs gardent la main sur la température de son enthousiasme.

