Anthropic vient de décrocher le plus colossal accord d’infrastructure jamais conclu dans l’histoire de l’intelligence artificielle. Cent milliards de dollars.
Amazon s’est engagé à fournir jusqu’à 5 gigawatts de puissance de calcul aux modèles Claude, un volume d’énergie computationnelle qui dépasse allègrement ce que consomment certaines métropoles européennes en électricité. Ce partenariat, officiellement annoncé ce 20 avril, propulse la start-up californienne dans une catégorie à part, celle des mastodontes que l’on nourrit à coups de data centers géants et de câbles sous-marins.
Le timing n’a rien de fortuit. Anthropic a récemment dévoilé Claude Mythos, sa nouvelle génération de modèle, et les premières retombées se sont fait sentir immédiatement sur les marchés. KeyBanc, la banque d’investissement, a aussitôt identifié des opportunités dans le secteur de la cybersécurité, estimant qu’un titre du secteur dispose encore d’une belle marge de progression après cette publication. Qui aurait imaginé, il y a à peine 2 ans et demi, qu’un modèle de langage puisse faire trembler les analystes financiers spécialisés en sécurité informatique ?
5 gigawatts de compute réservés à une seule entreprise d’IA, c’est un pari industriel d’une ampleur vertigineuse (l’équivalent, pour donner un ordre de grandeur, de cinq réacteurs nucléaires tournant à plein régime). Amazon, déjà actionnaire d’Anthropic, a manifestement décidé de verrouiller son avantage dans la guerre des infrastructures qui oppose les géants du cloud. Le deal consolide la position d’AWS comme fournisseur privilégié de la puissance brute dont se nourrissent les modèles les plus gourmands de la planète.
La sortie de Claude Mythos redistribue les cartes du marché à une vitesse folle. Les applications en cybersécurité et en analyse de données semblent déjà profiter de cette nouvelle architecture, si l’on en croit les premières réactions des investisseurs institutionnels. Le secteur tech, longtemps habitué aux promesses creuses et aux vaporwares, se retrouve face à un engagement financier trop massif pour être ignoré…
Anthropic joue désormais dans la cour des titans, adossée à une enveloppe de 100 milliards et à une capacité énergétique digne d’un petit État. La question n’est plus de savoir si Claude peut rivaliser avec ses concurrents, elle est de savoir combien de temps ces concurrents pourront encore suivre le rythme.

