XPeng a mis en service le 7 septembre à Guangzhou ce que le constructeur revendique comme la première ligne de production automatisée au monde dédiée aux robots humanoïdes, et le premier exemplaire d’IRON en est sorti en marchant sous sa propre puissance motrice. Pendant ce temps, Elon Musk admettait en janvier que pas un seul Optimus ne réalisait encore de tâche utile. L’écart entre la promesse californienne et l’exécution chinoise ne relève plus de la conjecture, il se mesure en unités assemblées.
La ligne guangzhouaise automatise plus de 80 % des processus critiques et fusionne les standards qualité de l’industrie automobile électrique avec la précision requise pour l’assemblage robotique de nouvelle génération. He Xiaopeng, fondateur de XPeng, a épinglé un badge d’employé sur le torse d’IRON devant les caméras, geste théâtral qui résume toute l’ambition du groupe « Les lignes de production ont été créées à partir de zéro, sans précédent à suivre », a déclaré He Xiaopeng, PDG de XPeng. La production de masse est visée d’ici fin 2026, les premières ventes et livraisons en Chine et à l’international étant planifiées pour 2027.
IRON embarque 76 degrés de liberté (dont 21 par main), trois puces maison Turing AI cumulant 2 250 TOPS de puissance de calcul et un modèle fondationnel de Physical AI qui tourne directement à bord, sans téléopération. Traduction concrète pour ceux qui suivent la course aux humanoïdes… le robot perçoit, décide et agit localement avec une latence minimale, là où la plupart des concurrents dépendent encore d’un lien cloud ou d’un opérateur humain caché derrière un rideau.
La branche robotique du groupe, Dogotix, a par ailleurs bouclé la plus grosse levée privée jamais réalisée dans le secteur chinois de l’IA incarnée, avec plus de 900 millions de dollars pour une valorisation post-money de 6,3 milliards de dollars, menée par IDG Capital aux côtés de Tencent et Alibaba. XPeng conserve le contrôle de l’entité. Cette munition financière alimente un objectif industriel vertigineux, à savoir dépasser les 1 000 unités par mois à moyen terme et atteindre un million d’humanoïdes par an d’ici 2030.
Musk avait promis 10 000 Optimus pour 2026 et reconnaît aujourd’hui que la cadence de l’usine de Fremont sera « assez lente », tandis que la révélation de la version V3 continue de glisser dans le calendrier. Qui aurait parié, il y a deux ans, qu’un constructeur chinois de véhicules électriques coifferait Tesla au poteau sur la fabrication en série d’humanoïdes ? Le passage du prototype de laboratoire à la ligne d’assemblage constitue précisément le gouffre où meurent la plupart des projets robotiques, et XPeng vient de le franchir avant tout le monde.
La capacité exacte de la ligne et le prix unitaire d’IRON restent volontairement non divulgués, ce qui laisse planer un doute légitime sur la montée en cadence réelle. L’histoire industrielle de XPeng dans l’automobile prouve néanmoins que le groupe sait passer du prototype à la grande série, une compétence que la Silicon Valley adore promettre et que Shenzhen, elle, finit généralement par livrer.

