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Animes & Mangas

Scantrad : une menace pour l’industrie du manga

Darell Mertens
Published: 13 septembre 2023
Last updated: 7 août 2026
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manga traduction
Sommaire
  • Qu’est-ce que le Scantrad ?
  • Les origines et l’évolution du manga
  • L’importance économique et culturelle du manga
  • L’expansion du scantrad : menace grandissante ?
  • Les aspects positifs et controversés du Scantrad
  • Une alliance contre la Piraterie ?
  • Contre la scanlation, privilégier la légalité et une disponibilité synchrone
  • Au cœur de ces enjeux : la sauvegarde d’un art

En quelques secondes, on peut lire en ligne des chapitres entiers de mangas, parfois même avant leur parution officielle au Japon. C’est ce que permet le « Scantrad », un terme formé à partir de « scan » et « traduction ». Derrière ce mot, il y a une activité très répandue où des groupes numérisent des mangas publiés dans la presse japonaise (souvent sans autorisation), les traduisent dans d’autres langues, puis les mettent à disposition gratuitement sur Internet.

Le Scantrad n’est pas simplement un acte de partage entre passionnés. Il soulève beaucoup de tensions puisque d’un côté, il porte atteinte aux droits d’auteur (les auteurs ne reçoivent rien), mais de l’autre, il facilite l’accès à certaines œuvres jamais publiées officiellement hors du Japon. Certains lecteurs le perçoivent comme nécessaire quand l’attente pour une version légale se compte en mois ou que celle-ci n’existe tout simplement pas.

L’industrie tente bien sûr de réagir. Des éditeurs accélèrent leurs traductions officielles ou proposent des offres numériques accessibles. La question reste pourtant entière : comment freiner une pratique si largement intégrée aux habitudes des fans ? Et surtout… est-ce souhaitable ?

Qu’est-ce que le Scantrad ?

Le Scantrad, contraction de « scan » et « traduction », est une pratique qui consiste à numériser un manga, le traduire (souvent du japonais vers l’anglais ou le français) puis le mettre en ligne gratuitement. L’idée peut sembler attirante pour certains lecteurs impatients ou curieux de découvrir des titres non disponibles dans leur langue. Et pourtant, derrière ce système artisanal se dresse une sérieuse remise en question des règles établies. Le droit d’auteur, pilier juridique censé protéger les œuvres et leurs créateurs, s’efface ici dans l’indifférence générale.

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Il ne s’agit pas seulement d’un petit cercle isolé de passionnés agissant par amour du médium. Certains groupes tirent profit du Scantrad bien au-delà de la simple visibilité culturelle : ils monétisent leur site grâce à la publicité (souvent envahissantes) insérée entre les chapitres téléchargés ou sur les pages principales. Des plateformes comme KissManga ou Manga Rock en ont longtemps été les champions autoproclamés. Leurs revenus publicitaires se comptaient en millions. Et tout cela sans aucun retour financier pour les auteurs ni même un accord formel avec eux.

En 2020, plusieurs sites ont fermé sous pression judiciaire (KissManga a disparu brutalement après avoir reçu des avertissements légaux). D’autres comme Mangastream se sont auto-démantelés face aux risques croissants encourus par leurs administrateurs. Ces fermetures peuvent donner l’impression que la lutte contre le piratage porte ses fruits, mais elles ne suffisent pas à enrayer complètement le phénomène.

À ce jour encore, on recense plusieurs centaines (voire milliers) de groupes actifs dans différents pays qui continuent à proposer ces versions illégales. Certains publient presque simultanément avec la sortie japonaise officielle, une rapidité qui séduit beaucoup de lecteurs mais qui nuit directement aux ventes papier et numériques autorisées légalement. Les éditeurs subissent donc un double coup : perte économique directe et difficulté croissante à fidéliser leur lectorat traditionnel.

Face à cela, certaines maisons d’édition cherchent désormais à publier rapidement des traductions officielles accessibles dès la sortie japonaise (parfois via abonnement mensuel), espérant contrer l’avance prise par ces équipes pirates souvent très organisées…

Aujourd’hui, avec la généralisation des smartphones et l’apparition d’applications comme Tachiyomi, le Scantrad est devenu un usage courant. Il touche désormais plusieurs millions de personnes. Même en France (où les volumes officiels sont à la fois coûteux et distribués avec retard), ce mode de lecture a trouvé son public. L’accès y est simple, gratuit et immédiat, ce que beaucoup privilégient sans forcément mesurer les conséquences.

En 2020, l’ampleur du phénomène a été chiffrée pour la première fois à grande échelle : un manque estimé à 1,56 milliard d’euros pour l’ensemble du secteur manga. Une perte énorme mais qui n’a pas freiné sa progression. D’après le rapport CODA publié en 2023, ces pertes ont continué d’augmenter : environ 2,1 milliards d’euros sur une seule année. Et selon les projections actuelles (basées sur l’usage croissant des VPN), elles pourraient atteindre 2,5 milliards dès 2024.

Les origines et l’évolution du manga

Les premières traces de ce que l’on pourrait aujourd’hui appeler « manga » remontent aux alentours du XIIe siècle. On y trouve les Chōjū Jinbutsu Giga, une série de rouleaux illustrés représentant des animaux caricaturés dans des scènes plutôt comiques (souvent interprétées comme une forme d’humour satirique). Ces dessins, sans texte, utilisaient déjà la narration par l’image en séquence. Une sorte d’embryon du manga tel qu’on le connaît.

Le mot lui-même apparaît beaucoup plus tard. Dans les années 1800, Katsushika Hokusai publie plusieurs recueils sous le titre Hokusai Manga : il y rassemble des croquis variés (personnages du quotidien, paysages ou scènes absurdes). Le terme « manga », qui combine les idéogrammes pour « dessin » et « désinvolte », commence alors à se fixer dans la langue japonaise. Bien sûr, ces ouvrages ne ressemblent pas aux mangas modernes, mais ils annoncent un changement.

Dès la fin du XVIIIe siècle apparaissent aussi les kibyōshi, des petits livres imprimés en noir sur jaune avec illustrations et textes mêlés. Ils étaient bon marché et très populaires auprès d’un lectorat adulte urbain (souvent satirique ou moraliste). Ils marquent un tournant puisque c’est à partir de là que certains historiens situent l’origine du manga moderne.

Au XXe siècle, Kitazawa Yasuji contribue à faire entrer le terme « manga » dans le langage courant avec ses bandes dessinées publiées dans Jiji Shimpo. Il s’inspire nettement des cartoons occidentaux tout en conservant une esthétique japonaise reconnaissable.

Puis viennent les années 1950. Les akabon (livres rouges) circulent massivement parmi le jeune public japonais. C’est précisément à ce moment qu’émerge Osamu Tezuka  qui bouleverse totalement ce médium que beaucoup considéraient encore comme mineur.

Avec Astro Boy ou Black Jack (entre autres), il impose une narration fluide répartie sur plusieurs chapitres et surtout des personnages nuancés qui ne se limitent pas à leur fonction dans l’histoire (héros simple contre vilain évident). Son influence dépasse largement le Japon puisqu’elle atteint jusqu’à Miyazaki lui-même.

Il serait difficile de résumer toute l’évolution du manga en quelques lignes tant elle est traversée par des influences hybrides et parfois contradictoires ; pourtant certaines étapes restent évidentes quand on regarde son histoire d’ensemble.

L’importance économique et culturelle du manga

Le manga a su s’imposer dans l’univers de l’édition au Japon… En effet, un tiers des publications du pays lui est dédié. Son secret? Une diversité thématique qui séduit un large éventail de lecteurs. Que ce soit en librairie ou sur internet, ces œuvres sont à la portée de tous.

Teiji Hayashi (qui a jadis dirigé la Division de la planification de la diplomatie publique) souligne que cette popularité s’explique par des récits accessibles et des personnages vibrants d’humanité. Plus qu’un divertissement, le manga démystifie également des thèmes ardus… L’histoire et les sciences naturelles n’ont jamais été aussi captivantes!

Regardons autour de nous: livres, séries TV, animes, jeux vidéo… Le succès retentissant de certains titres résonne bien au-delà des frontières nippones. Au cœur même du foisonnement culturel japonais se trouve le manga. Il est vital tant pour l’économie que pour le rayonnement international du Japon. Par exemple, « Demon Slayer » et sa star animée Tanjiro Kamado ont généré plus de 8 milliards de dollars en 2021, boostant l’économie japonaise via des adaptations anime et merchandises.

Le style unique du manga conquiert les cœurs à travers le monde entier. Pour nombre d’étrangers, ces bandes dessinées sont une fenêtre ouverte sur le Japon et stimulent leur curiosité pour cette culture riche et fascinante.

Mais derrière cet engouement international se cache une menace: celle du piratage. Ce dernier met à mal l’industrie,  pas seulement celle du manga mais tout secteur média au Japon, qui repose fortement sur sa capacité à innover. Cependant, certains défendent le Scantrad comme un « marketing gratuit » des séries comme « L’Attaque des Titans » ont gagné en popularité via des scans illégaux avant d’exploser en ventes légales.

L’expansion du scantrad : menace grandissante ?

Mangaka

À l’heure où tout s’obtient instantanément, l’attente devient difficile à justifier. Pour les lecteurs de mangas avides de découvertes, le scantrad représente une solution évidente. Ils y trouvent ce que les circuits officiels peinent souvent à leur offrir, à savoir : la rapidité, accès immédiat aux derniers chapitres japonais et surtout gratuité. Ces plateformes illégales, parfois très bien organisées (avec une régularité presque professionnelle), captent un public frustré par des délais trop longs ou des absences totales de publication.

Mais ce succès ne repose pas uniquement sur la commodité. Il traduit aussi un déséquilibre réel dans l’offre légale actuelle dont la lenteur des traductions officielles, des formats peu adaptés (prix élevés pour un format papier alors que la demande glisse vers le tout-numérique), et décalage culturel mal anticipé parfois par les éditeurs locaux. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que le scantrad soit perçu comme une alternative viable plutôt qu’une simple infraction.

Le coût reste également un point critique. Un volume peut atteindre facilement dix euros. Multiplier ce tarif par plusieurs séries en cours rend la dépense peu soutenable pour beaucoup (notamment les jeunes). Le choix devient alors pragmatique : certains lisent « illégalement », non sans conscience du geste, mais parce qu’ils estiment ne pas avoir d’autre option raisonnable.

Quant au contenu lui-même, la comparaison entre traductions professionnelles et amateurs alimente souvent les débats en ligne. Il arrive que certaines équipes bénévoles produisent un travail soigné, d’autres fois non (fautes manifestes ou contresens visibles). Or malgré ces défauts occasionnels, beaucoup continuent à préférer ces versions rapides aux éditions officielles jugées trop lentes ou censurées (« localisation » intrusive selon certains).

On assiste moins à une opposition nette entre légal et illégal qu’à l’évolution floue d’un rapport différent au contenu culturel : immédiateté recherchée face à lenteurs structurelles, économie personnelle contre modèle économique éditorial… Rien n’indique dans quelle direction tout cela va basculer demain.

Les aspects positifs et controversés du Scantrad

Le Scantrad a parfois permis à certaines œuvres de sortir de l’ombre. Plusieurs titres peu connus (comme « Chainsaw Man », longtemps resté inconnu en dehors du Japon) ont circulé en version non officielle sur Internet avant d’exploser mondialement. C’est aussi le cas de Blue Lock et Black Clover, tous deux largement popularisés par cette pratique. Ces traductions faites par des fans, souvent imparfaites, ont contribué à créer un public fidèle bien avant la sortie légale. Dans certains cas, cela a même favorisé les ventes officielles après coup.

Mais ces exemples restent rares. La plupart des auteurs ne le voient pas d’un bon œil. Eiichiro Oda l’a dit clairement : pour lui (et d’autres mangakas), le piratage n’est pas juste une question d’argent volé, c’est une atteinte directe au sens même de leur travail (« vole l’âme », selon ses mots). Même si certains lecteurs découvrent les mangas grâce au Scantrad, cela n’efface pas ce sentiment.

En 2024, les données récentes apportent un peu de contraste. Selon l’IFPI (organisme suivi depuis plusieurs années), le piratage diminue dans certaines zones géographiques où des plateformes légales se développent rapidement.

Une alliance contre la Piraterie ?

Les premières initiatives sont déjà visibles. Le Japon a lancé dès 2014 l’opération Manga-Anime Guardians (appelée MAG). Elle a permis la fermeture d’un millier de sites pirates grâce à la collaboration entre éditeurs et autorités publiques. D’autres actions ont suivi en 2023 avec MangaFox qui a été démantelé grâce à une coopération entre le Japon et les États-Unis. Mais ces opérations restent ponctuelles.

Plusieurs pays commencent à réfléchir sérieusement au problème. Les discussions autour d’éventuelles sanctions renforcées se multiplient depuis quelques années. États-Unis, Japon ou Union européenne évoquent tous la possibilité de lois plus strictes contre le téléchargement illégal (ce qui pourrait inclure aussi bien les hébergeurs que les utilisateurs finaux). La France n’est pas restée passive non plus, elle a intensifié ses mesures via HADOPI en 2023 avec des amendes pouvant aller jusqu’à 300 000 euros pour certains cas liés aux sites Scantrad.

Tout cela soulève une question : que faire lorsque la demande reste aussi forte malgré tout? Il sera compliqué d’avancer sans cadre juridique cohérent au niveau international. Des conventions mondiales seraient utiles mais ne suffiraient pas si elles ne s’accompagnent pas d’une application concrète par chaque État concerné.

En fin de compte, protéger efficacement la création artistique passe peut-être par un effort collectif lucide sur sa valeur réelle et sur ce qu’on est prêt à faire pour qu’elle continue d’exister dans des conditions justes pour tous ceux qui y participent directement ou indirectement.

Contre la scanlation, privilégier la légalité et une disponibilité synchrone

Dans le panorama actuel, nous jetons un regard particulier sur un mastodonte du secteur d’édition, Kadokawa Group Publishing Co Ltd., plus familièrement nommé Kadokawa. Gravant son empreinte dans l’industrie à grande échelle, la firme a mené avec brio la diffusion de nombreux titres sur les principaux marchés asiatiques, une démarche couronnée par une réussite spectaculaire.

En parallèle, on constate l’éclosion des initiatives numériques d’autre éditeurs. Citons comme exemple Tezuka Productions qui offre au public des versions numériques légales de ses œuvres. Ces éditions destinées aux tablettes sont disponibles en anglais pour permettre une lecture fluide et confortable. D’autres plateformes comme Manga Plus (par Shueisha) proposent des chapitres gratuits et simultanés avec le Japon, complétés depuis 2026 par MANGA MILLION et ses près de 400 mangas gratuits, réduisant l’attrait du Scantrad pour des séries comme « Jujutsu Kaisen » tandis que d’autres alternatives légales comme Viz ou BookWalker offrent des abonnements abordables avec des traductions officielles et des mises à jour rapides

Néanmoins, ce combat collectif vers la reconquête d’un domaine autrefois perdu face à la pratique illicite appelée « scanlation » semble insuffisant. Un problème plus profond se cache derrière cette simple quête de solution immédiate et mérite notre attention. Il est donc impérieux de ne pas sous-estimer les efforts déployés par l’Association des Éditeurs du Japon (AEJ).

Cet organisme s’est engagé dans plusieurs initiatives visant à anéantir cette pratique illégale; actions orientées vers un avenir meilleur. Pourtant, sans s’attaquer directement à l’origine du malaise elles ne règleront pas le problème durablement.

Il faut donc aller au-delà des simples mesures répressives et adopter une approche plus globale qui prenne en compte tous les facteurs alimentant le scantrad. Il est notamment impératif de mettre l’accent sur une culture du respect de la loi, d’assurer une mise à disposition simultanée des œuvres afin d’éviter que le public ne bascule vers cette fraude.

Au cœur de ces enjeux : la sauvegarde d’un art

La question de la survie du manga, en tant que création artistique et activité professionnelle, se pose aujourd’hui avec une acuité croissante. Les auteurs, ou mangakas, sont confrontés à une forme d’épuisement : leurs œuvres circulent librement sur Internet sans qu’ils ne perçoivent de rémunération équivalente. Le piratage massif a mis à mal un modèle déjà fragile. Et pour les jeunes créateurs (souvent précaires), ces pertes sont loin d’être anecdotiques.

Peu nombreux sont ceux qui parviennent à vivre entièrement de leur dessin. Même parmi les professionnels installés au Japon, rares sont ceux qui peuvent s’y consacrer sans devoir multiplier les contrats secondaires ou réduire drastiquement leur temps libre (et parfois leur santé). Kentaro Miura lui-même avait témoigné des difficultés rencontrées avant que “Berserk” ne connaisse le succès. Selon certaines estimations, il aurait perdu près de 20 % de ses revenus potentiels à cause des copies non autorisées.

À cela vient désormais s’ajouter un phénomène plus récent : l’essor des intelligences artificielles génératives artistiques. Des applications comme Midjourney, OpenArt ou Waizz AI Image Studio permettent aujourd’hui de créer en quelques secondes des images très proches du style manga traditionnel, simplement en rédigeant une instruction textuelle (“prompt”). Ces contenus pullulent sur les réseaux sociaux et certaines plateformes numériques. Ils attirent l’attention par leur accessibilité immédiate et coût dérisoire, alors même qu’ils reposent souvent sur un entrainement massif à partir d’œuvres existantes… sans consentement explicite.

La frénésie de la création par IA pousse les éditeurs a demander que soit instaurée une protection effective contre ce type d’usages non encadrés. Ils craignent a juste titre que la reconnaissance stylistique devienne impossible à faire valoir légalement si tout peut être reproduit artificiellement avec précision, rendant obsolètes les compétences développées pendant des années par les mangakas humains.

Il n’est pas question ici seulement de défendre un secteur économique, c’est aussi le rapport entre œuvre originale et copie semi-automatisée qui est mis en cause. Alors oui, si dessiner cesse d’être viable pour ceux dont c’est le métier… produire du manga deviendra marginal voire impraticable hors circuits commerciaux lourds.

Il existe pourtant quelques pistes alternatives. Webtoon en est un exemple parlant, où distribution légale et respect du travail créatif coexistent avec le format digital grand public. Le problème n’est donc pas tant technologique qu’institutionnel. Rester passif reviendrait surtout à rendre invisible toute une partie du processus artistique actuel sous couvert “d’innovation”.

Sources :Wipo
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