Omegle : ce site de chat vidéo est-il un danger pour les jeunes ?

Darell Mertens 2.5k vues

Omegle est le site de chat vidéo de réseautage qui fait actuellement débat sur Internet. Bien que cette plateforme existe depuis 2009, c’est au court de la période de pandémie de covid que son taux de fréquentation a grimpé en flèche et que beaucoup ont regardé de près ce qui se disait et ce qui se faisait sur la plateforme. C’est à ce titre que plusieurs enquêtes ont dénoncé les pratiques de certains utilisateurs.

Qu’est ce qu’Omegle ?

Omegle.com est défini comme étant un site internet de messagerie instantanée dont le principe est très similaire à Chatroulette – il s’agit également d’un site de messagerie instantanée et de visiophonie qui met en relation les internautes de manière aléatoire. Comme Chatroulette, Omegle fait également correspondre des utilisateurs au hasard, de manière anonyme et sans avoir besoin de s’inscrire sur le site.

Le site a été lancé le 25 mars 2009 par un jeune américain de 18 ans du nom de Leif K-Brooks. Une fois sur le site, on accède à une fenêtre de chat où l’on acquiert le pseudonyme « You » et où notre correspondant s’appelle « Stranger ».

Il faut savoir que peu après son lancement en 2009, l’app web Omegle comptait déjà 150 000 visites quotidiennes. La popularité du site est notamment dû à son slogan « Talk to Strangers ! » ou parlez aux inconnus, aux pseudonymes « you » et « stranger » mais aussi à la phrase « Your conversational partner has disconnected » qui rendent le site reconnaissable entre tous.

Evolution d’Omegle

Pour accéder à Omegle.com, il suffit d’aller sur son site Internet. Ce dernier utilise un logiciel anti-spam, un CAPTCHA, pour prévenir les usagers des messages de spam envoyés par des bots automatisés.

En principe, le site est strictement interdit aux enfants de 13 ans et ceux ayant moins de 18 ans peuvent y accéder à condition d’avoir l’accord de leurs parents.

Au fil des années, le site de chat a acquis de nombreuses fonctionnalités. Par exemple, le site a embarqué la fonction de visioconférence en alternative au chat textuel classique en mars 2010.

Et jusqu’en 2020, Omegle était disponible en tant qu’application mobile sur les appareils Android, iPhone, iPhone Touch et Palm sous WebOS.

Toutefois, à l’heure où nous écrivons ces lignes, Omegle n’est plus accessible que via Internet.

Pourquoi Omegle est si controversé ?

Omegle ne bénéficie effectivement pas d’une bonne réputation, surtout depuis le début de la pandémie de coronavirus qui a entraîné des mesures de confinement et de distanciation sociale.

Sur son site Web, Omegle se définit comme « un excellent moyen de rencontrer de nouveaux amis, même en pratiquant la distanciation sociale. Lorsque vous utilisez Omegle, nous choisissons quelqu’un d’autre au hasard et vous laissons parler en tête-à-tête. Pour vous aider à rester en sécurité, les discussions sont anonymes, sauf si vous dîtes à quelqu’un qui vous êtes (non conseillé !) et vous pouvez mettre fin à une discussion à tout moment ».

Si jusque-là, le site arbore une façade sécuritaire, la présentation du site reconnaît et avertit les utilisateurs qu’ « on sait que les prédateurs utilisent Omegle, alors soyez prudent. Si vous préférez, vous pouvez ajouter vos intérêts et Omegle recherchera quelqu’un qui aura des points communs avec vous au lieu de quelqu’un de complètement aléatoire ».

Qui sont ces « prédateurs » ?

Les prédateurs dont il est question ici sont les prédateurs sexuels, les pervers, les pédophiles et les exhibitionnistes qui semblent particulièrement cibler les jeunes utilisateurs et diffusent du contenu Porn ou des nude. D’ailleurs, depuis 2020, l’application mobile d’Omegle a été bannie de l’App Store et du Play Store car Apple et Google y avaient relevé des comportements inappropriés envers les mineurs.

Selon une récente enquête de la BBC, la popularité d’Omegle s’est particulièrement accrue aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Inde et au Mexique. L’analyste des données Semrush a d’ailleurs relevé qu’Omegle a connu une croissance mondiale de janvier 2020 à janvier 2021 en passant de 34 millions de visites mensuelles à 65 millions.

Le trafic aurait augmenté de 61% rien qu’au Royaume-Uni avec 3,7 millions de visites en décembre 2020 provenant majoritairement d’utilisateurs de moins de 34 ans. Mais ce n’est pas tout, sur TikTok, les vidéos relatives à « Omegle » ont été visionnées plus de 9,4 milliards de fois.

Mais quel est le problème ce site ?

Le problème, selon la BBC, est qu’on y trouve des garçons prépubères qui s’affichent de manière sexuellement explicite devant des inconnus. En étant présent seulement pendant deux heures sur le site, les enquêteurs de la BBC ont vu « 12 hommes se masturbant, huit hommes nus et sept publicités pornographiques ».

Au bout de 10 heures sur le site, BBC a été mis en relation avec des dizaines de jeunes de moins de 18 ans dont certains ne dépassaient même pas huit ans. Le quotidien La Presse a également fait un article sur le danger d’Omegle sur lequel des utilisateurs demandaient explicitement à leurs interlocuteurs de se déshabiller ou d’effectuer des gestes sexuels.

Contacté par BBC, l’Internet Watch Foundation (IWF) qui est une organisation indépendante qui lutte contre les contenus montrant des abus sexuels sur mineurs sur Internet a déclaré que « certaines des vidéos (…) montrent des individus s’auto-pénétrant devant une webcam et ce type d’activité se déroule dans un cadre domestique où nous savons souvent que les parents sont présents. Il y a des conversations que l’on peut entendre, même des enfants à qui l’on demande de descendre pour prendre le thé ».

Rien qu’en 2020, l’IWF a reçu 68 000 rapports sur des contenus d’abus sexuels sur des enfants générés par les utilisateurs. Le fondateur du site, M.Brooks, a tenté de se défendre en déclarant qu’il avait étendu les efforts de surveillance en 2020 et que « bien que la perfection ne soit pas possible, la modération d’Omegle rend le site beaucoup plus propre et a également généré des rapports qui ont conduit à l’arrestation et la poursuite de nombreux prédateurs ».

En tout cas, la BBC rapporte que nombreuses écoles, forces de police et agences gouvernementales ont émis des avertissements concernant Omegle au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Norvège, en France, au Canada et en Australie au cours de ces six derniers mois.

En guise de conclusion, même si le concept de ce site de chat aurait pu permettre de réduire le sentiment d’isolement lié aux restrictions sociales, son utilisation n’est pas du tout recommandée aux jeunes utilisateurs.

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