En janvier 2026 les entreprises technologiques américaines ont déjà supprimé plus de 30 000 postes sur un total mondial de 45 363 licenciements recensés par RationalFX. Le mouvement s’accélère à mesure que les directions intègrent l’intelligence artificielle dans chaque service.
Crypto.com a annoncé jeudi une réduction de 12 % de ses effectifs soit plusieurs centaines d’emplois supprimés. Le PDG Kris Marszalek a déclaré sur X que « les sociétés qui ne basculent pas immédiatement vers l’IA échoueront ». L’entreprise avait déjà coupé 20 % de ses postes en 2023 après la chute de FTX.
Block a frappé encore plus fort avec 4 000 départs soit près de la moitié de ses salariés. Jack Dorsey a expliqué que « les outils d’intelligence changent la définition même de ce qu’est une entreprise ». Il a préféré une seule vague de licenciements massifs pour préserver la confiance des clients.
Amazon a supprimé 16 000 postes depuis le début de l’année tout en affichant un chiffre d’affaires record de 716,9 milliards de dollars en 2025. Meta a retranché 1 500 emplois dans sa division Reality Labs. Atlassian a éliminé 1 600 postes pour financer ses investissements IA. Salesforce a effacé 1 000 rôles supplémentaires. Pinterest a réduit ses équipes de 675 personnes.
Les coupes touchent désormais tous les segments du secteur technologique dont les semi‑conducteurs, le cloud et les plateformes de paiement. Ericsson a supprimé 1 900 emplois, ASML 1 700, Autodesk 1 000, Ocado 1 000 et eBay 800. Alan Cohen de RationalFX observe que « les entreprises restructurent leurs équipes autour de flux de travail assistés par IA ».
Le phénomène déborde du périmètre tech. Ford a estimé que l’IA remplacera « littéralement la moitié des cols blancs américains ». Le président de la Réserve fédérale Jerome Powell a reconnu que « de nombreuses sociétés évoquent l’IA pour justifier leurs licenciements » même si les statistiques de chômage ne le reflètent pas encore.
Une enquête de la Fed de New York a montré que 1 % des entreprises de services ont déjà licencié à cause de l’IA au cours des six derniers mois mais que 13 % envisagent de le faire prochainement. Le chômage des jeunes diplômés pourrait atteindre 35 % selon Bill McDermott de ServiceNow.
Les investisseurs s’inquiètent d’un scénario de type « Citrini Research » où les cadres supérieurs deviendraient chauffeurs Uber pour payer leurs crédits. Le rapport a été qualifié de projection mais il a semé la panique sur les marchés.
Il est probable que la vague actuelle ne soit qu’un prélude à une recomposition durable du travail américain.

