ASUS, d’habitude collé aux cartes mères, aux routeurs et aux portables gaming, a posé au Taipei International Cycle Show un objet qui n’a rien à faire dans son catalogue. L’Oxiis E250G1, baptisé Intelligent Bike Booster, pèse 3,7 kg, se clipse sur la tige de selle, plaque un galet motorisé contre le pneu arrière et pousse le cycliste jusqu’à 32 km/h. Sans outil, sans câble, sans roue à changer.
La friction drive, les bricoleurs la connaissent depuis des lustres. ASUS l’enferme dans un boîtier de 400 × 84 × 128 mm, avec un moteur de 250 W en continu, des crêtes à 500 W dans les rampes, et une batterie amovible de 158 Wh sous 36 V. En Eco, l’autonomie grimpe à 50 km, 51 km selon les mesures du salon. Trois modes cohabitent, Eco, Normal et Sport, le dernier lâchant toute la puissance au prix d’un rayon d’action plus court.
La recharge passe déjà par l’USB-C Power Delivery 100 W. Un chargeur de laptop récent peut, en théorie, remplir la cellule en deux heures. Un 65 W traînera. ASUS ne publie pas encore de courbe de charge. L’abandon du bloc propriétaire, lui, est déjà une bonne nouvelle pour la sacoche.
Le logiciel, Adaptive Boost Technology, promet d’ajuster la poussée à la pente et au vent de face, sans que le cycliste touche à rien. Un capteur de cadence sans fil, fixé au pédalier, envoie le rythme au boîtier. Un feu arrière intégré s’intensifie dès qu’il sent un freinage. La fiche ASUS annonce IPX4. BikeRadar, au salon, a entendu IPX5. L’écart devra être tranché avant la vente.
La compatibilité va de la roue de 16 pouces au 700C, et jusqu’au 29 pouces, des pliants urbains aux VTT semi-rigides. Un bras oscillant maintient le galet contre le pneu. ASUS parle d’un anti-glissement pour les gommes différentes. Aucun test indépendant n’a encore vu ça sous la pluie, ni sur un pneu usé.
Le timing a une saveur. Porsche a fermé sa division vélos électriques performants l’an dernier, faute de rentabilité. La micromobilité partagée tangue. ASUS entre par le côté, avec des chaînes déjà rodées sur les batteries, les petits moteurs et les applis Android et iOS de ROG et ZenBook. L’Oxiis ressemble moins à un virage cycliste qu’à une question d’ingénieur, celle de savoir où réinjecter ce que le groupe sait déjà fabriquer.
Le prix et la date manquent encore. ASUS a montré le booster à Taipei, puis à Eurobike. Les visiteurs qui l’ont essayé en hall sont ressortis enthousiastes. Le tarif, zéro. Un vélo électrique d’entrée de gamme se négocie autour de 800 à 1 000 €. Un kit amovible, aussi malin soit-il, se jouera sur ce chiffre. C’est, pour l’heure, le composant le plus flou de toute la fiche.

