Amazfit vient de lâcher en ce mois d’août 2026 une salve logicielle sur huit de ses smartwatches, une mise à jour qui empile les fonctions sportives avec une gourmandise presque provocatrice à l’égard de Garmin. Support FTMS pour les rameurs (le Concept2 RowErg en tête de liste), repos manuels en natation, verrouillage tactile intégral, profils « Athlete Defaults » configurés depuis l’app Zepp… la liste des ajouts transforme des montres déjà bien armées en véritables terminaux d’entraînement multisport.
Les huit élues de cette offensive firmware répondent aux noms de Balance Ultra, Balance 3, T-Rex Ultra 2, T-Rex 3 Pro, T-Rex 3, Cheetah 2 Ultra, Cheetah 2 Pro et Active 3 Premium, toutes étant largement plébiscité par les utilisateurs sur la boutique officielle d’Amazfit sur Amazon. Elles ne reçoivent pas exactement le même lot de fonctionnalités, mais le socle commun suffit à redessiner l’expérience utilisateur sur chacune d’entre elles.
Le mode « Manual Rest » en natation corrige une frustration que les nageurs réguliers connaissent bien, celle de l’enregistrement continu qui mélange indistinctement longueurs et pauses au bord du bassin. Les segments de nage et les périodes de récupération sont désormais séparés, organisés par type de nage, et offrent enfin une lecture exploitable de la session. Pour quiconque suit sa progression au 100 mètres ou cherche à identifier ses temps de repos optimaux, c’est un bond en avant dans la lisibilité des données.
Le support FTMS (Fitness Machine Service), lui, ouvre la porte des rameurs connectés, et pas n’importe lesquels. Le protocole Bluetooth permet aux montres compatibles de capter en temps réel la puissance et la distance transmises par des machines comme le Concept2 RowErg, référence absolue des salles de CrossFit et des clubs d’aviron indoor. Jusqu’ici, afficher ses watts au poignet pendant une séance de rame relevait du privilège réservé aux écosystèmes Garmin ou Polar. Amazfit s’invite à cette table avec des montres dont le prix reste sensiblement inférieur.
Le verrouillage tactile baptisé « Always Lock » répond quant à lui à un irritant quotidien que tout sportif en extérieur a déjà expérimenté, les déclenchements intempestifs provoqués par la transpiration, la pluie ou le frottement d’un gant. L’écran se fige, les boutons physiques restent opérationnels, et l’entraînement n’est plus parasité par des appuis fantômes. Une fonction qui existait déjà chez certains concurrents, certes, mais dont l’absence sur les Amazfit commençait à peser dans les comparatifs.
Les profils « Athlete Defaults », réservés aux Cheetah 2 Ultra, Cheetah 2 Pro, Balance Ultra et Balance 3, poussent la logique d’automatisation un cran plus loin. Configurés via l’application Zepp, ils activent d’un coup le mode « Ne pas déranger », désactivent les alertes superflues et basculent le GPS en précision maximale dès le lancement d’un entraînement. Fini le rituel de trois ou quatre réglages manuels avant chaque sortie, la montre se met d’elle-même en configuration de course. On note aussi, en marge des grandes nouveautés, une navigation cartographique améliorée (zoom et déplacement possibles avant et pendant l’effort) et un processus de réglage des alarmes enfin simplifié.
Qui peut encore prétendre que la guerre des montres sportives se joue uniquement sur le terrain du hardware ? Amazfit démontre qu’une mise à jour logicielle bien calibrée suffit à repositionner toute une gamme face à des rivaux dont les tarifs flirtent parfois avec le double. Garmin, dont la Forerunner 265 et la Fenix 8 restent des références, se retrouve grignoté par le bas sur des fonctionnalités que ses propres utilisateurs considèrent comme acquises. La pression ne vient plus d’un seul produit phare, mais d’un écosystème entier de huit montres qui montent en compétence simultanément, et qui rendent le choix entre les deux marques de plus en plus inconfortable pour le consommateur averti.

