Une mise à jour de l’application Nearby Device Scanning a glissé le mot « Glasses » dans son changelog, et Samsung a trahi sans le vouloir l’existence d’un produit que la marque tient encore sous scellés. L’application gère les connexions Quick Pair, la même tuyauterie qui apparie les Galaxy Buds et surveille leur batterie. Voir des lunettes traitées comme une catégorie matérielle reconnue à l’intérieur de One UI en dit plus long qu’un communiqué.
Quick Pair et affichage du niveau de charge ne s’intègrent pas pour un appareil qui flotte vaguement sur une feuille de route. Ces fonctions arrivent quand le lancement approche, généralement. Deux numéros de version circulent, le 11.1.23.0 et le 11.1.23.4, sans qu’on sache lequel porte la mention litigieuse. Ce que l’application établit reste limité, à savoir que les lunettes existent déjà comme objet appairable, doté d’une batterie lisible et géré par la même couche logicielle que le reste de l’écosystème Galaxy.
Les fuites dessinent un appareil qui tient davantage des Ray-Ban Meta que d’un casque de réalité augmentée. Microphones, haut-parleurs, capteur photo de 12 mégapixels à autofocus en façade, témoin LED, commandes tactiles sur la branche. Deux références, SM-O200P et SM-O200J, partagent le nom de code « Jinju » et visent 2026. Toutes deux décrites comme purement audio, sans affichage, sans la moindre surimpression dans les verres qui les distinguerait d’une paire ordinaire.
Le reste des caractéristiques compose un portrait d’objet léger. Batterie de 155 mAh, Bluetooth et Wi-Fi mais pas de cellulaire, monture façon Wayfarer à verres photochromiques, poids annoncé autour de 50 grammes, soit moins qu’une paire de lunettes correctrices. L’absence de modem cellulaire ménage l’autonomie et délègue les calculs lourds au smartphone apparié. Samsung s’appuierait sur la plateforme AR1 de Qualcomm, taillée pour des lunettes portées toute la journée qui privilégient l’endurance sur la puissance brute. Reste à savoir si l’autonomie réelle, le prix de détail et l’étanchéité tiendront la promesse… aucune de ces données n’a fuité.
Google a levé un coin du voile à la conférence I/O 2026 en présentant deux montures signées Gentle Monster et Warby Parker, premières pièces de collections complètes attendues à l’automne. La firme distingue deux familles, c’est-à-dire les lunettes audio qui parlent à l’oreille et les lunettes à affichage qui montrent l’information. Les audio sortent d’abord, plus tard dans l’automne. Un « Hey Google » ou une tape sur la branche convoque Gemini, qui décode un panneau de stationnement, traduit un menu, résume les messages manqués ou commande un café sur Doordash pendant que le téléphone dort dans la poche.
« Les lunettes intelligentes doivent paraître aussi expressives sur le plan émotionnel qu’avancées sur le plan technologique », a déclaré Hankook Kim, fondateur et patron de Gentle Monster. Dave Gilboa, cofondateur de Warby Parker, insiste de son côté sur le confort et l’optique de précision, signe que l’acceptabilité sociale pèse autant que la fiche technique dans la stratégie de Samsung et de ses partenaires.
L’industrialisation paraît désormais engagée. Lors de l’appel sur les résultats du quatrième trimestre 2025, un vice-président exécutif de Samsung a décrit le programme comme entré en « phase d’exécution », vocabulaire d’usine plus que de planification. Google avait déjà adoubé Samsung, Gentle Monster et Warby Parker comme partenaires matériels de la première génération de lunettes Android XR, Gemini servant de couche d’intelligence commune aux trois.
Un troisième numéro, SM-O500, codé « Haean », apparaît dans le code source de One UI 9. Distinct des candidats de 2026, il pourrait coiffer un modèle à affichage attendu en 2027, dans l’esprit des Ray-Ban Display de Meta. Un brevet de 2024 décrivant modules d’affichage, électronique d’intelligence artificielle et configurations de haut-parleurs renforce l’hypothèse, sans la confirmer, puisqu’un brevet documente l’exploration et non la production.
Une révélation au second Galaxy Unpacked de juillet 2026 a été évoquée comme possibilité, sans date arrêtée. Android 17 sortirait en juin, One UI 9 suivrait un mois plus tard, et ce calendrier livrera peut-être d’autres indices avant l’annonce officielle. La vraie inconnue tient en une question que le code ne tranchera pas, à savoir si Gemini posé sur une monture de 50 grammes donnera assez de raisons de saisir ses lunettes plutôt que son téléphone. Meta cherche la réponse depuis deux ans ; Samsung n’y répondra qu’avec un objet à mettre sur le nez.

