Team Falcons a écrasé Spacestation Gaming 4-0 en finale de l’Esports World Cup 2026, dimanche 16 août à Paris, empochant au passage 400 000 dollars et 1 000 points au classement du Club Championship. Le trio composé de Samy « Dralii » Hajji et des jumeaux Saleh « Rw9 » et Yazeed « Kiileerrz » Bakhashwin a livré une démonstration de maîtrise collective qui confine à l’arrogance tactique, ne concédant pas un seul match point lors de la journée finale.
La première manche avait pourtant laissé entrevoir un brin de suspense, SSG arrachant l’égalisation en fin de temps réglementaire avant de céder en prolongation. L’espoir aura été de courte durée. Falcons a déroulé ensuite avec une régularité froide, remportant les Games 2 et 3 sur des scores de 3-1 et 4-1, puis verrouillant le quatrième acte après avoir absorbé la pression initiale de l’équipe nord-américaine. Trois buts rapides ont scellé le sweep et propulsé le club saoudien au sommet du classement général de l’EWC, devant AG.AL, pour un écart de gains estimé à deux millions de dollars supplémentaires.
Revivez la finale en images : les highlights officiels du grand match entre Team Falcons et Spacestation Gaming.
Dralii est désormais seul dans sa catégorie. Champion avec Team BDS en 2024 aux côtés de M0nkey M00n et ExoTiiK, puis sacré en 2025 sous les couleurs de Karmine Corp avec Vatira et Atow, le Marocain de 18 ans a complété un triplé inédit en changeant de roster chaque année. Trois éditions, trois équipes, trois trophées… Qui, dans l’histoire de Rocket League, peut revendiquer un tel palmarès sur la scène internationale ?
Le parcours de Falcons jusqu’à la finale a été tout aussi implacable. Le club est resté invaincu en phase de groupes (victoires contre R8 Esports et Gentle Mates), a écarté les rivaux régionaux de Twisted Minds en quarts (4-2), puis a infligé un 4-0 retentissant aux tenants du titre de Karmine Corp en demi-finale, devant un public parisien réduit au silence. Rw9, récompensé du trophée SONY MVP assorti d’un bonus de 25 000 dollars, a été le métronome de cette campagne, sa complicité quasi télépathique avec son frère jumeau Kiileerrz formant un axe défensif et offensif difficilement prenable.
La saison 2026 de Falcons avait pourtant tout du naufrage avant ce tournoi. L’équipe avait manqué la qualification pour le Paris Major après un deuxième split régional calamiteux, jetant un doute sérieux sur la viabilité du projet « superteam » assemblé autour de Dralii. L’EWC a servi de laboratoire de rédemption, du moins pour l’instant, car le véritable examen reste les Championnats du monde en fin d’année.
Spacestation Gaming, portée par un roster adolescent qui continue de surprendre sur la scène internationale, repart avec une place de finaliste et un deuxième top 8 à l’EWC 2026, consolidant sa position au classement général des clubs. Le parcours de la jeune formation nord-américaine confirme que le vivier de talents en Amérique du Nord n’a rien perdu de sa profondeur, même si la marche vers le titre s’est avérée bien trop haute face à des Falcons en état de grâce.
Reste à savoir si cette renaissance estivale annonce un véritable retour au premier plan ou un simple feu de paille saisonnier. Pour Dralii, la question ne se pose sans doute même pas. Il collectionne les trophées EWC comme d’autres accumulent les heures de jeu classé, et à 18 ans, la perspective d’un quadruplé en 2027 n’a absolument rien d’absurde.

