Le Phantom MK1 entre dans l’arène de la tech avec la prestance d’un soldat d’acier prêt à tout. La société américaine Foundation, installée à San Francisco, a conçu ce robot humanoïde pour travailler dans les usines et, pourquoi pas, pour accompagner les armées sur le terrain. L’engin mesure environ 1,75 mètre pour un poids avoisinant les 80 kilos et peut porter jusqu’à 20 kilos de charge utile. Sa silhouette noire, ses épaules massives et son visage sans traits lui donnent un air de sentinelle futuriste sortie d’un film de science-fiction.
Le PDG Sankaet Pathak ne s’embarrasse pas de prudence oratoire. Il affirme que ses robots pourraient devenir les « premiers corps à entrer » dans les zones dangereuses. L’idée est de réduire les pertes humaines en envoyant ces machines à la place des soldats. Foundation prévoit d’en produire 40 exemplaires dès cette année, 10 000 en 2026 et jusqu’à 50 000 d’ici la fin de 2027. Une cadence qui ferait pâlir les chaînes d’assemblage de Detroit.
Le Phantom MK1 a été conçu en dix-huit mois avec des ingénieurs venus de Tesla, Boston Dynamics, SpaceX et 1X. Il fonctionne grâce à des actionneurs cycloïdaux qui assurent puissance et souplesse. Le robot s’appuie sur des caméras plutôt que sur des capteurs LiDAR, choix qui simplifie la maintenance et améliore la fiabilité dans les environnements hostiles. Foundation a préféré une autonomie limitée avec un opérateur humain qui garde la main sur les décisions létales. Le modèle rappelle celui des drones militaires où la machine agit mais ne décide pas.
Le plan industriel repose sur la location plutôt que la vente. Chaque robot pourrait être loué autour de 100 000 dollars par an. Foundation promet que leur endurance compensera largement le coût, un seul Phantom pouvant remplacer plusieurs équipes humaines. Ces projections restent hypothétiques car les humanoïdes n’ont pas encore fait leurs preuves sur le terrain.
Le discours de Pathak flirte avec la rhétorique messianique. Il imagine que 100 000 robots de combat suffiraient à « mettre fin à bien des guerres avant qu’elles ne commencent ». L’entreprise avance avec la conviction que la robotique humanoïde est la prochaine frontière stratégique.
Le Phantom MK1 pourrait aussi trouver sa place dans les usines ou sur Mars, du moins si les ambitions de Foundation tiennent la route. Le robot a déjà été testé en téléopération avec un casque de VR, capable de marcher, tomber, se relever et même esquisser un pas de danse. L’expérience a de quoi troubler ceux qui voient dans ces machines le futur compagnon de l’homme ou peut être même son rival.
Si ces robots deviennent les soldates de demain, il va de soi que la guerre pourrait être beaucoup plus limité en pertes humaines même si on aimerait, dans l’absolu, qu’il n’y ait pas de guerre du tout. En tout cas, le Phantom MK1 incarne peut-être le début d’une ère où la bravoure se programme et où la peur se débranche.

