Le nouveau prodige de Boston Dynamics avance avec une aisance qui ferait pâlir un danseur étoile et un ouvrier de chaîne réunis. Le robot humanoïde a troqué son ancienne carcasse hydraulique pour un corps électrique souple et nerveux. Il tourne sur lui-même sans effort et pivote sur son torse comme un gymnaste en apesanteur.
Boston Dynamics a peaufiné sa créature depuis 2013 et le résultat fait frissonner les ingénieurs. Atlas peut courir, sauter, cartwheeler et même se relever sans aide. Son secret réside dans une architecture débarrassée des câbles fragiles qui limitaient jadis la rotation des articulations. Les concepteurs ont supprimé ces fils capricieux pour que le robot puisse bouger sans craindre la panne.
Le cerveau d’Atlas repose sur des puces Nvidia et un apprentissage par téléopération. Un humain coiffé d’un casque de VR lui montre comment empiler des gobelets ou nouer une corde et le robot reproduit le geste jusqu’à la perfection. Ses trois doigts modulables se comportent tantôt comme une pince tantôt comme une main humaine. Les capteurs tactiles transmettent à son réseau neuronal la pression exacte à exercer.
Robert Playter, patron de Boston Dynamics, affirme que l’équipe ne veut pas copier l’homme mais le dépasser. « Ne vous limitez pas à ce que les gens peuvent faire, allez au‑delà » a-t-il lancé avec un sourire que l’on devine fier. L’idée est de créer un outil capable d’accomplir des tâches que nos articulations refuseraient. Atlas se contorsionne, se retourne, s’étire et garde l’équilibre avec une grâce mécanique qui déroute.
Le design a lui aussi changé. Fini le robot de laboratoire bardé de métal. Le nouveau modèle arbore des courbes douces et un bleu pervenche qui évoque un aspirateur de luxe. Ses deux caméras logées à la place de la bouche lui donnent un air de lampe Pixar. Zachary Jackowski, directeur général d’Atlas, explique que ce visage volontairement peu humain évite toute confusion. « C’est un outil, pas un compagnon » rappelle-t-il.
Atlas travaille déjà dans les usines Hyundai où il apprend à manipuler des pièces et à se déplacer parmi les humains. Sa mission est de devenir le « robot généraliste ultime » capable de s’adapter à n’importe quel environnement industriel. La société rêve de le voir un jour débarrasser les tables ou aider à la maison. Et ça ne saurait tarder…
Les observateurs parlent d’un tournant pour la robotique. Atlasfait figure de promesse d’une automatisation agile. Le robot ne se contente pas d’exécuter, il apprend, il s’ajuste, il anticipe. Les ingénieurs jurent que sa réparabilité est « folle » et que son autonomie dépasse tout ce qu’ils ont connu.
Le marché des humanoïdes s’emballe et les investisseurs flairent déjà l’aubaine. Boston Dynamics est toutefois forcé de modérer l’enthousiasme et rappelle que fabriquer des machines fiables prend du temps. Les logiciels progressent à la vitesse de la lumière mais la mécanique, elle, exige de la patience et beaucoup d’acier. Atlas avance donc prudemment vers son destin d’ouvrier modèle et de futur compagnon domestique.
Quand Atlas quittera-t-il l’usine pour venir frapper à notre porte… peut-être plus tôt qu’on ne le croit.

