Le prochain fleuron de Huawei ne se fera pas attendre jusqu’en novembre cette année, et c’est une petite révolution dans le calendrier industriel du constructeur chinois. La série Mate 90, accompagnée de ses déclinaisons Pro Max et RS Ultimate, devrait débarquer dès septembre 2026 selon les fuites les plus insistantes relayées par le leaker DigitalChatStation, rompant ainsi avec deux années consécutives de lancements tardifs en fin d’automne.
Deux mots expliquent cette accélération spectaculaire, et ils tiennent en une seule réalité industrielle bien tangible… la production des puces Kirin. Huawei a visiblement résolu le goulot d’étranglement qui avait repoussé les Mate 70 puis Mate 80 en novembre, malgré des sanctions américaines toujours férocement en vigueur sur les exportations de semi-conducteurs. Le fabricant semble avoir dopé ses capacités de fabrication au point de retrouver le rythme d’antan, celui d’avant les restrictions, quand la gamme Mate s’offrait traditionnellement une fenêtre septembre-octobre pour conquérir le marché.
La fiche technique du Mate 90 Pro Max promet déjà un festival photographique qui ferait pâlir plus d’un concurrent. Le modèle embarquerait un double téléobjectif périscopique dont l’un grimperait jusqu’au zoom optique 10x (contre 6.2x sur le Mate 80 Pro Max), tandis que Huawei évaluerait encore l’intégration d’un capteur principal au format 1 pouce. Un gabarit de capteur que Sony et ses Xperia avaient popularisé, et qui donnerait au flagship chinois une surface de captation lumineuse franchement redoutable en basse lumière.
L’écran du Mate 90 Pro Max adopterait par ailleurs un design plat, tournant le dos aux courbes incurvées qui ont longtemps défini l’identité visuelle de la gamme. Ce choix esthétique, déjà amorcé par Samsung et d’autres fabricants premium, traduit un virage industriel global vers des dalles planes jugées plus résistantes aux chocs et plus confortables pour la prise en main.
Le logiciel constitue l’autre pilier de cette offensive automnale. La série Mate 90 serait livrée avec HarmonyOS 7 dans sa version stable, un système qui s’appuierait sur ce que Huawei appelle la « Tau Scaling Law » pour optimiser les performances. L’écosystème logiciel maison, totalement émancipé d’Android depuis plusieurs générations, continue donc de mûrir à un rythme que peu d’observateurs avaient anticipé lorsque Google a été contraint de couper les ponts avec le géant chinois en 2019.
Qui aurait parié, il y a trois ans à peine, que Huawei parviendrait non seulement à ressusciter ses puces 5G sous embargo, mais aussi à raccourcir ses cycles de lancement tout en musclant ses spécifications ? La réponse du marché chinois, où le constructeur a reconquis des parts considérables face à Apple, donnera en septembre la mesure exacte de cette résurrection industrielle que personne, du moins à Washington, n’avait vu venir.

