Crunchyroll fait l’objet d’une plainte collective déposée en Californie pour avoir transmis sans autorisation les habitudes de visionnage de ses utilisateurs à la société de marketing Braze. Le dossier baptisé Cabonios v. Crunchyroll LLC met en cause la plateforme détenue par Sony pour violation présumée du Video Privacy Protection Act (VPPA) une loi fédérale de 1988 qui protège les historiques de visionnage.
Le recours collectif réunit six abonnés dont Alicia Taylor et Francisco Cabonios qui affirment que l’application mobile de Crunchyroll a intégré un kit de développement fourni par Braze. Par ce biais l’entreprise aurait envoyé des informations identifiables telles que les adresses mail les identifiants d’appareils et les titres d’anime regardés. Ces données auraient permis à Braze de dresser des profils comportementaux utilisés ensuite pour des campagnes ciblées.
Les documents judiciaires précisent que ces transmissions se seraient produites depuis 2022 sans consentement explicite. Si les faits sont avérés chaque utilisateur concerné pourrait obtenir jusqu’à 2 500 dollars de dommages et intérêts auxquels s’ajouteraient les frais de justice. Il est donc probable que la facture globale atteigne plusieurs millions de dollars selon le nombre d’abonnés touchés.
Crunchyroll avait déjà accepté en 2023 un règlement de 16 millions de dollars dans une affaire similaire portant sur le partage de données avec des plateformes publicitaires. L’entreprise avait nié toute faute mais préféré solder le litige pour éviter une procédure longue. Les nouveaux plaignants estiment que la répétition des pratiques démontre une gestion pour le moins hasardeuse de la confidentialité.
Sony n’a pas encore commenté publiquement la plainte. Le groupe pourrait toutefois être contraint de revoir en profondeur la gouvernance de ses flux de données si la justice confirme la qualification de violation du VPPA.
Il y a dans ce dossier une tension croissante entre la logique marketing et la protection de la vie privée des fans d’anime.

