Xiaomi s’apprête à lancer sur le marché européen un smartphone dont la batterie de 10 000 mAh constitue, selon le constructeur, la plus grosse capacité jamais embarquée dans l’un de ses téléphones. Le Redmi Note 17 Pro Max 5G, déjà dévoilé en Chine à la mi-juillet, arrivera dans les semaines qui viennent sur le Vieux Continent avec une fiche technique taillée pour l’endurance, et un tarif qui pourrait refroidir les habitués du milieu de gamme Xiaomi.
La page officielle du produit sur mi.com ne laisse guère de place au doute, affichant la mention « largest battery capacity among all Xiaomi smartphones » en date de septembre 2026, accompagnée d’une charge rapide 100 W (adaptateur non fourni dans la boîte, il faudra s’en souvenir). L’accumulateur géant cohabite avec un écran AMOLED de 6,83 pouces en définition 1,5K, un taux de rafraîchissement de 120 Hz et une luminance HDR annoncée à 3 500 nits, des caractéristiques déjà bien établies sur la version chinoise du terminal.
Le segment du milieu de gamme européen vit depuis deux ans une escalade méthodique de la capacité batterie, passée de 5 000 à 6 000 puis 7 000 mAh chez la plupart des fabricants. Xiaomi franchit désormais le cap des cinq chiffres et place l’autonomie au centre de sa proposition commerciale, reléguant presque la photo et la puissance brute au second plan. Le Snapdragon 6s Gen 4, le capteur principal de 50 Mpx flanqué d’un modeste 2 Mpx, et le capteur selfie de 8 Mpx ne font pas rêver sur le papier… mais qui, aujourd’hui, achète un téléphone à 600 € pour son processeur plutôt que pour sa capacité à tenir deux jours loin d’une prise ?
Car c’est bien là que le bât blesse. Les prix européens, révélés par une fuite relayée par Notebookcheck, positionnent le Redmi Note 17 Pro Max (8 Go / 256 Go) à 600 €, soit un écart substantiel avec les tarifs pratiqués en Chine. La version Pro standard s’afficherait à 500 €, tandis que le Redmi Note 17 4G d’entrée démarrerait à 250 €. À ce niveau de prix, Xiaomi entre en concurrence frontale avec des appareils dotés de processeurs bien plus véloces et de modules photo autrement ambitieux, notamment chez Samsung et Google.
La stratégie de Xiaomi consiste visiblement à miser sur un ensemble de garanties inhabituelles pour ce segment, dont un remplacement gratuit de l’écran sous 24 mois, un remplacement de batterie offert sous 36 mois, et une certification de résistance aux chutes de 3 mètres (validée par SGS sur surface en granit lisse). L’étanchéité IP69K, la plus exigeante du marché, complète un argumentaire orienté vers la durabilité physique du produit, en écho à la promesse d’une « expérience logicielle comme neuve pendant 72 mois ».
Reste à savoir si le consommateur européen, habitué à des Redmi Note vendus entre 200 et 350 €, acceptera de débourser 600 € pour un téléphone dont l’atout cardinal tient dans ses milliampères-heures. Xiaomi parie que l’autonomie est devenue, du moins sur ce segment, l’argument qui fait basculer l’acte d’achat. La réponse du marché, elle, se mesurera dès les premières semaines de commercialisation en septembre.

