La société Hyde Lane, structure d’exploitation du groupe américain Demon Hunter, a déposé le 18 août 2026 une plainte tonitruante devant un tribunal californien contre Netflix, Netflix Studios et le promoteur de spectacles AEG Presents. Formée au tournant du millénaire, la formation de metal lourd n’entend pas se faire déposséder de son identité visuelle et commerciale construite au fil de douze albums studio. Le succès remporté en 2025 par le film d’animation KPop Demon Hunters a provoqué une collision frontale sur le terrain du marchandisage et des spectacles vivants, amplifiée par l’annonce d’une tournée mondiale de 150 dates organisée par AEG.
Une mère de famille a déboursé 500 dollars à Albany dans l’État de New York pour acheter des billets de concert, persuadée d’emmener ses fillettes de cinq et six ans au spectacle musical tiré de la franchise d’animation Netflix. L’infortunée spectatrice a découvert trop tard que le rendez-vous proposait en réalité du chant hurlé et des riffs décapants… (un choc culturel qui démontre l’ampleur de la confusion subie par le public). Les métalleux américains se retrouvent aujourd’hui totalement submergés par les vagues de produits dérivés de la plateforme. Comment le titan du streaming a-t-il pu lancer une machine commerciale aussi gargantuesque sans se soucier des marques déposées depuis un quart de siècle par des pionniers du rock ?
La plainte déposée par le collectif Hyde Lane accuse les géants du divertissement de « protéger jalousement leurs propres droits de propriété intellectuelle » tout en « offrant délibérément une fausse indication d’origine dans la poursuite de leurs profits ». Les musiciens exigent un procès devant un jury, le versement de dommages et intérêts triplés ainsi que l’interdiction stricte pour la plateforme d’utiliser la dénomination contestée pour ses événements et ses vêtements. La formation underground (qui a scrupuleusement protégé son nom dès l’an 2000) refuse d’abandonner le terrain face aux velléités d’expansion du géant du streaming.
Les dirigeants de Netflix et d’AEG Presents ont refusé de commenter cette attaque judiciaire dans les heures suivant la publication du dossier par la presse américaine. Le mastodonte de la vidéo à la demande se retrouve englué dans un conflit d’image né d’un télescopage entre pop sud-coréenne et riffs distordus. Le groupe originaire de Seattle, en tout cas, compte bien obtenir réparation financière et préserver l’intégrité de son catalogue marchand.

