La franchise la plus titanesque du manga vient de fracasser le plafond des attentes lors du ONE PIECE DAY’26 à Tokyo, avec l’annonce simultanée de deux longs-métrages d’animation qui vont rythmer la fin de la décennie, comme le rapporte Crunchyroll. ONE PIECE FILM GOD VALLEY débarquera dans les salles japonaises à l’été 2027, pile pour les 30 ans du manga, tandis que ONE PIECE FILM BAAD suivra en 2029, année anniversaire de l’anime. Deux dates, deux bombes, un seul capitaine à la barre.
Le premier des deux films est celui qui fait déjà trembler les forums et les timelines. FILM GOD VALLEY adaptera le flashback éponyme de l’Arc Elbaph, actuellement diffusé depuis le retour de l’anime en avril 2026. Pour les non-initiés, l’Incident de God Valley est l’un des événements les plus mythologisés du lore d’Eiichiro Oda, une bataille vieille de 38 ans dans la chronologie fictive où les Rocks Pirates de Rocks D. Xebec se sont heurtés aux forces combinées de Gol D. Roger et des Marines, le tout sur fond de nobles mondiaux et d’une île qui a littéralement disparu de la carte. Adapter ce cataclysme fondateur en film d’animation, c’est offrir aux fans le spectacle qu’ils réclament depuis que les premières bribes de cet arc ont été distillées dans le manga… et Toei le sait pertinemment.
FILM BAAD, en revanche, reste délibérément enveloppé de mystère. Aucune intrigue n’a filtré, aucun synopsis n’a été esquissé. Ce qu’on sait tient en une poignée de détails, mais ils sont éloquents. Le titre a été directement dessiné par Oda lui-même, un geste qui signale une implication créative du mangaka bien au-delà du simple tampon d’approbation. Le calendrier de sortie en 2029, trente ans après la première diffusion de l’anime sur Fuji TV en octobre 1999, confère au projet une dimension commémorative qui dépasse le simple exercice commercial.
Toei Animation a, il faut le reconnaître, profondément reconfiguré sa machine de production ces derniers mois. Le producteur Ryuta Koike avait annoncé dès octobre 2025 une réduction du rythme à 26 épisodes par an, contre un flux quasi-hebdomadaire auparavant, assortie d’une pause de trois mois entre janvier et mars 2026. Ce ralentissement volontaire, loin d’être un aveu de faiblesse, a permis à l’Arc Elbaph de revenir en avril avec une qualité d’animation sensiblement rehaussée, organisée en deux cours distincts. Lancer deux films dans ce nouveau paradigme de production témoigne d’une stratégie où Toei privilégie désormais l’impact par projet plutôt que le volume brut.
Le ONE PIECE DAY’26 n’a d’ailleurs pas livré que des annonces cinématographiques. Le World Top 100, fort de 13 086 239 votes répartis sur 1 567 personnages, a sacré Luffy en tête (sans surprise), talonné par Zoro et Sanji. Oda dessinera de nouvelles illustrations « Special Outfit » pour les 30 premiers du classement. Côté live-action, Netflix a dévoilé quatre nouveaux membres du casting pour la saison 3, sous-titrée Battle of Alabasta et attendue elle aussi en 2027. L’écosystème One Piece fonctionne désormais comme un hydre à trois têtes, manga, anime et live-action, chacune alimentant les autres dans un cycle d’anticipation permanente.
Que GOD VALLEY parvienne à condenser la densité narrative de l’Incident en un format de deux heures reste le vrai défi créatif, tant cet arc brasse des dizaines de personnages et des enjeux qui irriguent l’intégralité de la saga depuis ses origines. Mais si FILM RED (2022) a prouvé qu’un film One Piece pouvait engranger plus de 20 milliards de yens au box-office mondial, la perspective d’un récit centré sur Roger, Garp et Rocks D. Xebec a de quoi propulser les compteurs encore plus haut. D’ici 2029, la franchise aura trente ans d’anime, deux films événements et, peut-être, un manga qui touche à sa conclusion, une convergence que l’histoire de l’animation japonaise n’a tout bonnement jamais vue.

