Google s’apprête à dévoiler le 12 août, lors de son événement « Made by Google » à New York, un traqueur Bluetooth baptisé Pixel Tag, premier accessoire maison conçu pour rivaliser frontalement avec l’AirTag 2 d’Apple et le Galaxy SmartTag 2 de Samsung. Le géant de Mountain View aura donc mis des années à franchir un pas que ses partenaires Android (Motorola, Tile, Chipolo) avaient déjà franchi sans lui.
Des images obtenues par 9to5Google révèlent un design oblong, en forme de pilule, qui tranche avec les pastilles rondes de la concurrence. Le Pixel Tag, référencé sous le numéro de modèle GA12506 et proposé dans un coloris « Fog Light » (un blanc brumeux), intègre un haut-parleur pour faciliter la localisation à courte portée, mais ne dispose d’aucun mécanisme d’attache intégré. Il faudra passer par un étui tiers pour l’accrocher à un trousseau de clés ou à un sac, exactement comme l’AirTag d’Apple… un choix de design qui favorise en revanche la discrétion dans un portefeuille ou une valise.
Le site français Dealabs a repéré un prix de 34,99 € dans les listings de revendeurs européens, tandis que les estimations américaines oscillent entre 29 et 35 dollars, soit un positionnement quasi identique à celui de l’AirTag 2 vendu à l’unité. La présence ou l’absence de la technologie Ultra Wideband (UWB), qui permet une localisation centimétrique, reste à ce stade inconnue, et pourrait bien déterminer si le Pixel Tag se contente d’être « suffisant » ou s’il se hisse au niveau technique du Moto Tag 2 de Motorola.
Côté logiciel, le traqueur s’appuiera directement sur Find Hub, le réseau participatif de localisation de Google (anciennement Find My Device), qui exploite le parc colossal de smartphones Android pour trianguler la position des objets perdus. Une description marketing extraite d’un listing en ligne promet « une localisation rapide et fiable grâce au réseau sécurisé Find My Device », assortie de protections anti-pistage destinées à prévenir les usages malveillants, du moins sur le papier.
L’enjeu dépasse largement la fiche technique d’un petit boîtier à 35 euros. Pendant des années, les utilisateurs Android qui cherchaient un équivalent de l’AirTag devaient naviguer entre une demi-douzaine de marques tierces, sans garantie d’intégration parfaite avec l’écosystème Google. Le Pixel Tag ambitionne de devenir le réflexe par défaut, celui qu’on achète les yeux fermés parce qu’il porte le même nom que son téléphone. Apple a démontré avec l’AirTag que la confiance dans l’écosystème pèse souvent davantage que les spécifications brutes. Google tente désormais de reproduire cette alchimie.
Le 12 août, le Pixel Tag partagera la scène new-yorkaise avec la gamme Pixel 11 (quatre modèles, dont un Pro Fold) et la Pixel Watch 5 dotée de 3 Go de RAM et 64 Go de stockage. Un arsenal complet qui traduit une ambition renouvelée de Google dans le matériel. Reste une question que le keynote ne tranchera peut-être pas : combien d’utilisateurs Android accepteront de payer le prix d’un AirTag pour un traqueur dont personne, à cette heure, ne connaît encore l’autonomie ni la portée réelle ?

