Anthropic a annoncé lundi une extension décisive de son écosystème Claude qui permet désormais d’ouvrir directement des applications interactives dans l’interface du chatbot. Les utilisateurs Pro, Max, Team et Enterprise peuvent déjà activer ces outils sur claude.ai/directory, tandis que les comptes gratuits restent à la porte.
Le dispositif repose sur le Model Context Protocol, ou MCP, un standard ouvert lancé en 2024 et désormais hébergé par la Linux Foundation. MCP a été conçu pour que les agents d’IA puissent accéder à des services tiers sans friction technique. « MCP Apps permet à tout serveur compatible d’offrir une interface interactive dans n’importe quel produit d’IA », a précisé Anthropic, soulignant que la logique pourrait s’étendre à d’autres plateformes que Claude.
Slack, Canva, Figma, Box, Clay, Asana ou encore monday.com figurent déjà dans le catalogue. L’utilisateur peut donc rédiger un message Slack, ajuster une présentation Canva ou manipuler un prototype Figma sans quitter la fenêtre de chat. Anthropic a promis que Salesforce rejoindrait bientôt la liste avec ses modules Data 360, Agentforce et Customer 360. « Analyser des données, concevoir du contenu et gérer des projets fonctionnent mieux avec une interface visuelle dédiée », a écrit l’entreprise dans son billet officiel.
Le lancement intervient une semaine après celui de Claude Cowork, un agent polyvalent bâti sur Claude Code. Cowork exécute des tâches multi-étapes sur de vastes ensembles de données et pourrait, à terme, interagir directement avec les nouvelles apps. L’entreprise a toutefois averti que ces intégrations exigent une vigilance accrue. « Soyez prudents lorsque vous accordez des accès à des informations sensibles », recommande la documentation interne. Anthropic suggère même de créer un dossier de travail spécifique pour éviter toute fuite accidentelle.
Il y a dans ce déploiement l’ambition de repositionner Claude comme un véritable environnement de travail intelligent. Robert Hart, observateur attentif du secteur, estime que « ces intégrations signalent un tournant où les IA deviennent des plateformes à part entière ».
C’est peut-être le signe que la bataille des assistants ne se jouera plus sur la seule puissance des modèles mais sur la qualité de leur écosystème, du moins tant que les entreprises accepteront de confier leurs données à ces nouveaux collègues numériques.

