James Cameron remet le couvert avec « Avatar 3 Fire and Ash », un projet que même les Na’vi auraient du mal à financer sans vendre quelques banshees. Le réalisateur canadien, qui a déjà fait trembler les caisses de Hollywood avec « Titanic » et « The Way of Water », s’attaque à un troisième volet dont le budget dépasse les 400 millions de dollars, sans compter la promotion que Disney orchestre à coups de millions supplémentaires. Autant dire que Pandora n’est pas la seule planète en ébullition.
Le film, prévu pour décembre 2025, s’étire sur 195 minutes, soit un marathon visuel que Cameron assume pleinement. L’homme qui a déjà fait hurler un cadre de la Fox en refusant de couper « The Way of Water » revendique une liberté artistique totale. « On dépense beaucoup d’argent sur ces films, mais c’est le banquet que l’on offre au public mondial pour le même prix qu’un petit film indépendant », a-t-il confié. Une phrase qui résume bien la philosophie du cinéaste, persuadé que la grandeur du spectacle justifie la facture.
Sur le plan narratif, « Fire and Ash » introduit une nouvelle tribu de Na’vi, les Mangkwan, que l’on surnomme aussi les Ash People. Ces habitants de Pandora, que Cameron décrit comme porteurs d’une culture inédite, viennent enrichir la fresque familiale autour de Jake Sully et Neytiri. Le réalisateur a voulu que chaque scène soit sculptée comme une pierre précieuse, retirant près d’une demi-heure de séquences qui, selon lui, ralentissaient le rythme. « On ne coupe pas parce que c’est mauvais, on coupe parce que cela ne propulse pas l’histoire », a-t-il expliqué, comparant son travail à une sculpture que l’on affine jusqu’à atteindre la forme idéale.
Mais derrière la virtuosité technologique, Cameron insiste sur un credo que beaucoup à Hollywood semblent oublier. « Il faut faire confiance aux acteurs », répète-t-il. L’homme a passé dix-huit mois à travailler avec son équipe, semaine après semaine, pour capturer des performances qu’il juge authentiques. Il met en garde les jeunes réalisateurs contre la tentation de l’intelligence artificielle, qu’il considère utile pour la prévisualisation mais dangereuse pour l’âme du cinéma. « Les acteurs ne font pas du générique, ils font de l’individuel », martèle-t-il.
Le cinéaste, qui a déjà trois des quatre films les plus rentables de l’histoire, sait que la partie est risquée. Pour que la saga continue, « Fire and Ash » devra dépasser le milliard de dollars de recettes mondiales, seuil minimal pour espérer un bénéfice. Cameron a d’ailleurs reconnu que si le film ne rencontrait pas le succès espéré, le quatrième épisode pourrait se contenter d’une version littéraire. Une menace à peine voilée, ou plutôt une promesse que l’homme des abysses ne fait jamais à la légère.

