La firme de Cupertino envisage très sérieusement de dynamiter onze années de design rectangulaire pour réinventer l’Apple Watch sous des formes que personne n’attendait, des bagues connectées aux bracelets fitness dépourvus de tout écran, en passant par un cadran rond longtemps fantasmé par les fans. Mark Gurman, journaliste chez Bloomberg, a dévoilé dans sa newsletter Power On du 9 août 2026 l’ampleur d’un chantier qui pourrait chambouler la catégorie entière des wearables de santé.
L’équipe de design industriel d’Apple explore depuis plusieurs mois déjà une remise à plat intégrale de sa gamme de montres connectées, avec des directions multiples, parfois contradictoires, toutes radicales. Gurman compare cette ambition à la métamorphose de l’iPhone en appareil pliable, « quelque chose qui transforme le produit pour une nouvelle ère ». Et la comparaison n’a rien d’anodin quand on sait que le premier iPhone pliable (possiblement baptisé « iPhone Ultra ») devrait justement être présenté en septembre prochain, aux côtés des Apple Watch Series 12 et Ultra 4.
Oura Ring, Whoop, Fitbit Air… ces petits appareils sans écran ont profondément rebattu les cartes du marché de la santé connectée, captant une clientèle qui ne veut plus d’un rectangle lumineux au poignet mais réclame tout de même un suivi biométrique permanent. Apple a bien compris la menace et étudie désormais des wearables dépouillés de toute dalle, capables de rivaliser avec ces concurrents sur leur propre terrain. Peut-on imaginer un bracelet Apple, nu comme un anneau, qui se contente de murmurer des données de santé à l’iPhone ? La question est déjà sur la table à Cupertino.
L’hypothèse d’un écran rond pour l’Apple Watch a aussi été examinée en interne, même si Gurman tempère fortement les espoirs des nostalgiques de la montre classique. Un tel appareil a, selon lui, « peu de chances d’être commercialisé ». Le format carré (ou plutôt rectangulaire aux coins arrondis) reste profondément ancré dans l’ADN logiciel de watchOS, et adapter l’interface à un cadran circulaire représenterait un effort d’ingénierie colossal pour un bénéfice esthétique discutable.
Apple ne se contente pas de repenser les formes, la marque veut aussi étirer sa gamme vers le haut et vers le bas. De nouveaux modèles premium, positionnés au-dessus de l’Apple Watch Ultra et des éditions Hermès, sont à l’étude, tout comme des déclinaisons encore plus abordables que l’actuelle Apple Watch SE. L’objectif est limpidement commercial, car le segment Wearables, Home et Accessoires peine à afficher une croissance vigoureuse depuis plusieurs exercices, et la direction semble déterminée à relancer la machine.
L’intelligence artificielle constitue l’autre pilier de cette refonte à venir, avec des plans ambitieux pour transformer l’app Santé en un véritable compagnon prédictif, nourri par les capteurs biométriques de nouvelle génération. Apple veut que ses wearables deviennent des plateformes d’IA embarquée, capables d’interpréter les données physiologiques en temps réel et de fournir des recommandations personnalisées, bien au-delà du simple comptage de pas ou de la mesure de fréquence cardiaque.
Rien de tout cela n’arrivera demain. Les produits les plus audacieux sont encore à des années de commercialisation, et la direction d’Apple n’a pas encore arrêté ses choix définitifs. Cet automne, les Apple Watch Series 12 et Ultra 4 se présenteront comme des évolutions mesurées, avec de nouveaux processeurs, des coloris inédits et des fonctions fitness améliorées, lancées lors de l’événement de septembre aux côtés des iPhone 18 Pro. L’itération prudente avant la tempête, en somme.
Que la montre du futur soit ronde, invisible ou bardée de capteurs sans écran, Apple envoie un signal stratégique à toute l’industrie du wearable : l’ère du rectangle unique au poignet touche peut-être à sa fin, et la prochaine bataille de la santé connectée se jouera sur la capacité à disparaître dans le quotidien de l’utilisateur.

