Cinq ans après sa création, Viture pose sur la table ce qui ressemble fort à son argument le plus convaincant, les Pro 2, une paire de lunettes à réalité augmentée affichée à 299 dollars, soit le tarif le plus bas jamais pratiqué par la marque, et embarque au passage une luminosité de 1 600 nits dans un châssis de 63 grammes. Le segment des lunettes AR portables, longtemps réservé aux enthousiastes disposés à débourser 400 à 600 dollars pour un écran facial, se retrouve soudain bousculé par un produit qui pèse moins lourd qu’une paire de Ray-Ban Wayfarer classique.
La fiche technique des Pro 2 aligne des micro-écrans OLED Sony offrant un équivalent perçu de 120 pouces, un taux de rafraîchissement de 120 Hz et un contraste que la luminosité record rend exploitable en extérieur, là où la plupart des concurrentes deviennent illisibles dès que le soleil s’en mêle. Viture a aussi intégré un système de correction dioptrique réglable directement sur les branches, couvrant une plage suffisante pour la majorité des myopes, ce qui rend les inserts de prescription, ces petites lentilles sur mesure facturées entre 50 et 80 dollars, tout bonnement superflus. Une économie discrète qui allège encore la facture réelle.
Le poids, justement, mérite qu’on s’y attarde. À 63 grammes, les Pro 2 se situent bien en dessous des Xreal Air 2 (72 g) et des Rokid Max 2 (75 g), leurs rivales les plus directes. Quelques grammes de différence semblent dérisoires sur le papier… mais sur l’arête du nez, après deux heures de film ou une session de jeu prolongée, la mécanique du confort obéit à des seuils très concrets. Passer sous la barre des 65 grammes, c’est franchir le point où l’utilisateur oublie, par moments, qu’il porte un écran devant les yeux.
L’écosystème d’accessoires accompagne cette offensive tarifaire avec le Mobile Dock Mini, un boîtier compact vendu 99 dollars, conçu pour convertir le signal HDMI d’une console portable (la Nintendo Switch 2, notamment) en flux compatible avec les lunettes via USB-C. Le dispositif embarque sa propre batterie et gère l’audio spatial, transformant de fait les Pro 2 en moniteur personnel de poche pour le jeu nomade. Viture cible ici un public très identifié, celui des possesseurs de Switch qui jouent dans les transports, les salles d’attente, les chambres d’hôtel, et qui n’ont jamais trouvé l’écran de 7 pouces de la console tout à fait satisfaisant.
La question qui flotte derrière ce lancement tient moins à la qualité optique, désormais bien maîtrisée par plusieurs fabricants, qu’au seuil psychologique du prix. À 299 dollars, les Pro 2 entrent dans la même fourchette qu’une paire d’écouteurs haut de gamme ou qu’un bon casque à réduction de bruit, des produits que le grand public achète déjà sans hésitation particulière. Viture parie, en somme, que l’AR portative n’avait besoin ni d’une révolution technologique ni d’un miracle logiciel, du moins pas à ce stade, pour séduire au-delà du cercle des early adopters.
Reste à savoir si la promesse d’un écran géant de 120 pouces comprimé dans une monture de lunettes légère résistera à l’épreuve du quotidien, celle des reflets parasites, des compatibilités capricieuses et de l’autonomie réelle quand l’appareil est branché sur un smartphone. Disponibles dès maintenant sur Viture.com et Amazon, les Pro 2 arrivent dans les transports, les salles d’attente et les chambres d’hôtel, pile à temps pour que les acheteurs de Switch 2 découvrent leurs jeux sur un écran qu’ils n’auront même pas besoin de poser sur une table.

