Le cours du Solana continue d’osciller aux alentour des 200 $, mais cette semaine, d’autres chiffres ont attiré l’attention. Une entreprise cotée au Nasdaq, spécialisée dans les dispositifs médicaux, a décidé de lever 400 millions de dollars pour acheter massivement du SOL. Une initiative qui a surpris, bien que ce genre de virage stratégique se multiplie.
Sharps Technology a vu son action grimper de plus de 40 % en une journée, atteignant 10,35 dollars à la clôture, après avoir brièvement touché les 13,28 dollars. La société a annoncé vouloir adopter une stratégie de gestion de trésorerie en actifs numériques. Le plan est simple, du moins en apparence : placer une partie importante de ses fonds dans la cryptomonnaie native de la blockchain Solana. D’autres entreprises cotées, comme Strategy (anciennement MicroStrategy), ont déjà adopté des approches similaires autour du Bitcoin. Sharps vise désormais le sixième actif crypto en valeur de marché.
Alice Zhang, récemment nommée directrice des investissements et membre du conseil d’administration de Sharps, a justifié ce choix par l’expansion rapide de l’écosystème Solana. Elle a évoqué la formation d’une équipe disposant d’une forte expérience institutionnelle dans les actifs numériques et des liens étroits avec l’écosystème Solana. Le timing, selon elle, serait optimal. Rien n’a été dit sur les risques de volatilité pourtant bien connus de ce marché.
Du côté des investisseurs crypto, l’appétit pour le SOL ne faiblit pas. Galaxy Digital, Jump Crypto et Multicoin Capital seraient en discussions pour créer un fonds de 1 milliard de dollars destiné spécifiquement à l’achat et la détention de Solana. L’intérêt institutionnel autour de ce réseau, souvent présenté comme un concurrent d’Ethereum, ne cesse donc de croître.
Pourtant, tout n’est pas sans accroc dans l’ecosysteme Solana. Plusieurs développeurs travaillant avec les données de la blockchain ont récemment alerté sur des frais inattendus liés à l’utilisation de Google Cloud BigQuery. Un développeur a reçu une facture de 15 000 dollars pour seulement trois requêtes SQL. D’autres parlent de 5 000 dollars pour une simple recherche dans une table liée à Solana. Ces incidents, qualifiés de « horrifiques », soulèvent des questions sur la viabilité des outils d’analyse à grande échelle dans l’écosystème crypto, surtout pour ceux qui construisent des solutions basées sur l’intelligence artificielle.
Solana a intégré BigQuery en octobre 2023 pour permettre un accès plus transparent aux données historiques de la blockchain. L’intention semblait bonne, mais la mise en œuvre a montré ses limites. Certains développeurs évoquent des modèles tarifaires difficiles à anticiper, sans plafond mensuel, et des requêtes accidentelles qui balayent plusieurs téraoctets de données, déclenchant des factures astronomiques. Après réclamation, quelques-uns ont pu faire réduire ces frais. D’autres n’ont pas eu autant de chance.
Pendant que le prix du SOL tournait autour de 202 dollars, en recul depuis un pic récent à 212 dollars, la cryptomonnaie continue de polariser les stratégies d’investissement. Son pic historique, un peu au-dessus de 293 dollars en janvier, reste encore loin. Entre l’adoption institutionnelle et les difficultés techniques rencontrées par les développeurs, Solana s’impose comme un actif à la fois prometteur et exposé.

