La PS6 pourrait bien arriver autour de 1 000 dollars, et le signal envoyé par Sony ressemble déjà à une addition salée pour le jeu vidéo de salon.
Le marché a, depuis quelques jours, cessé de jouer à cache cache avec les prix. Sony a relevé ceux de ses PlayStation à compter du 2 avril 2026, dont la PS5 standard passée de 550 à 650 dollars, la PS5 Digital Edition de 500 à 600 dollars, la PS5 Pro de 750 à 900 dollars et le PlayStation Portal de 200 à 250 dollars. À ce niveau, la hausse ne relève plus du simple ajustement tarifaire. Elle installe un nouveau palier, presque un nouveau régime.
Cette séquence nourrit une hypothèse de plus en plus prise au sérieux dans l’industrie. Dr Serkan Toto, patron du cabinet japonais Kantan Games, a déclaré à GamesRadar que « une variante de la PS6 à 999 dollars n’est pas impossible […] ». Joost van Dreunen, cofondateur de SuperData, aujourd’hui professeur à la Stern School of Business de l’université de New York, pousse le raisonnement plus loin en affirmant que « nous avançons rapidement vers un monde où une console à 1 000 dollars deviendra la norme, et où le jeu sur console deviendra une dépense de luxe ».
Le mot luxe n’a rien d’un effet de manche. Microsoft avait déjà, en octobre 2025, essuyé les critiques après une nouvelle hausse sur les Xbox Series et leurs accessoires, ce qui avait installé pour la première fois dans le marché moderne une console à 800 dollars. Dans le même mouvement, Project Helix, la future plateforme Xbox déjà évoquée par Microsoft, est désormais associée à une fourchette de 1 000 à 1 500 dollars dans plusieurs projections relayées par GameRant. La dixième génération de consoles semble donc se dessiner sur une base tarifaire qui mord franchement sur le terrain du PC gaming.
Sony, de son côté, a plusieurs raisons de pousser les curseurs. Les tensions sur les composants pèsent encore, notamment sur la mémoire vive, dont la disponibilité a été affectée par l’appétit des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Les droits de douane américains ajoutent une couche d’incertitude, et les industriels cherchent visiblement à se ménager une marge de sécurité. Dr Serkan Toto estime d’ailleurs que Sony pourrait lancer la PS6 à un niveau élevé afin de se réserver, plus tard, des promotions ou des baisses de prix si le marché se détend.
Le problème, pour le consommateur, tient au fait que la machine ne viendrait pas seule. Sony a déjà irrité une partie de sa base avec une stratégie de tarification dynamique sur les jeux, dont le principe revient à faire varier le prix d’un même titre selon l’utilisateur. La direction du groupe a aussi évoqué la nécessité de mieux monétiser le parc PS5 afin de compenser un ralentissement de l’adoption des consoles. Mis bout à bout, le matériel plus cher, les jeux à prix variable et la pression sur les services composent un écosystème où l’entrée devient plus coûteuse, puis l’usage aussi.
Le calendrier, lui, reste encore flou, mais il s’étire. La PS6 ne serait pas attendue avant 2028 ou 2029, après un report évoqué dans plusieurs articles anglo saxons. Ce décalage peut peut-être servir Sony sur un point bien précis. Une sortie tardive permettrait de prolonger la vie commerciale de la PS5, avec des jeux cross gen pendant une période plus longue, afin d’amortir une adoption sans doute plus lente de la génération suivante. À 1 000 dollars, l’achat d’impulsion n’existe plus, pour ne pas dire qu’il change de camp social.
Le précédent de la PS5 Pro rend l’hypothèse encore plus crédible. Quand une machine de milieu de cycle grimpe à 900 dollars, l’idée d’une console de nouvelle génération à 999 dollars cesse de relever de la science fiction comptable. Sony teste peut-être déjà la tolérance du public, mesure les seuils d’acceptation, observe les réactions, puis affine sa copie avant son prochain plan stratégique attendu en mai. Le groupe doit y présenter sa feuille de route de moyen terme pour PlayStation, et le sujet du rendement par utilisateur y pèsera forcément.
Le vieux contrat moral de la console, à savoir une machine moins chère qu’un PC et plus simple d’accès, semble donc se fissurer. Si la PS6 rejoint vraiment la barre des 1 000 dollars, elle ne vendra plus seulement une plateforme de jeu, elle vendra un ticket d’entrée dans un club où le prix du matériel, du logiciel et des services grimpe en meute.
Le vrai test se jouera au moment où Sony demandera au grand public de payer le prix du prestige pour continuer à appeler cela du loisir.

