PEGI va dès juin remodeler son système de classification et l’impact sera immédiat pour les éditeurs. L’agence européenne introduit de nouvelles « catégories de risque interactif » qui visent directement les loot boxes, les achats intégrés et les communications non modérées.
Les jeux proposant des objets aléatoires payants seront désormais classés PEGI 16 et parfois PEGI 18 selon la nature du mécanisme. Les titres intégrant des offres limitées dans le temps ou en quantité passeront PEGI 12. Les productions utilisant des NFT ou des éléments liés à la blockchain seront automatiquement PEGI 18.
Les mécanismes dits « play-by-appointment » recevront une attention particulière. Un jeu qui récompense le retour quotidien du joueur sera PEGI 7 tandis que celui qui pénalise l’absence deviendra PEGI 12. Dirk Bosmans, directeur général de PEGI, a précisé que « rien ne justifie de donner à Animal Crossing une classification élevée » ce qui confirme que la grille sera appliquée avec discernement.
Les jeux permettant une communication totalement libre sans blocage ni signalement seront classés PEGI 18. Bosmans a rappelé que ces cas sont rares car la législation britannique, via l’Online Safety Act, interdit déjà la vente de tels produits. L’agence veut tracer une ligne rouge pour rappeler aux studios que l’absence de modération n’est plus tolérable.
Les conséquences économiques sont considérables. EA Sports FC, jusqu’ici PEGI 3, pourrait grimper à PEGI 16 à cause de ses packs Ultimate Team. Fortnite, déjà PEGI 12, conservera sa note mais devra afficher de nouveaux descripteurs informant sur la présence d’offres temporaires. Activision Blizzard a déjà payé une amende de 5 000 euros en 2023 pour ne pas avoir signalé les loot boxes de Diablo Immortal.
Les nouvelles règles s’appliqueront aux jeux soumis à partir de juin et les premiers titres concernés devraient apparaître durant l’été. PEGI affirme que ces ajustements répondent aux inquiétudes des parents et visent à renforcer la sécurité en ligne.
Il est probable que ce durcissement, longtemps réclamé par les régulateurs, modifie durablement la conception des jeux à forte monétisation.

