Helix 02 se déplace, saisit, maintient son équilibre et réfléchit de manière simultanée. L’entreprise Figure annonce que son nouveau modèle est capable de « réaliser 61 actions de locomotion et de manipulation sans intervention humaine » sur une période de quatre minutes.
Le système est structuré en trois niveaux distincts. Le System 2 est responsable de l’interprétation des scènes et du langage, le System 1 convertit ces perceptions en commandes articulaires à une fréquence de 200 Hz, et le System 0 effectue ces commandes à une fréquence de 1 kHz. Chaque niveau fonctionne à son propre rythme, mais tous visent un objectif commun, celui de contrôler l’ensemble du corps en se basant sur les informations visuelles fournies par les pixels.
Selon Brett Adcock, fondateur de Figure, « Helix 02 démontre pour la première fois une autonomie de pièce complète, sans script ni téléopération ». Le robot ouvre un lave‑vaisselle, transporte des bols, referme un tiroir avec la hanche, puis soulève la porte avec le pied. Une chorégraphie d’ingénierie où chaque geste dépend du précédent.
Le modèle repose sur un apprentissage massif. Plus de 1 000 heures de mouvements humains ont été réinterprétées en signaux articulaires. Le réseau de 10 millions de paramètres a été entraîné dans 200 000 environnements simulés. Figure assure que ce corpus a remplacé « 109 504 lignes de C++ » par une seule politique neuronale.
Les capteurs tactiles détectent trois grammes de pression. Les caméras de paume offrent une vision en main lorsque la tête ne voit plus. Ces ajouts issus du prototype Figure 03 permettent des manipulations inédites : extraire un comprimé d’un pilulier, doser 5 ml d’une seringue, trier des pièces métalliques dans un bac encombré.
Il y a dans Helix 02 une ambition de fusionner locomotion et manipulation que la robotique séparait depuis trente ans. Les anciens systèmes découpaient les tâches : marcher, s’arrêter, saisir, repartir. Ici, tout s’imbrique. Le robot ajuste sa posture en temps réel, compense un déséquilibre, récupère une erreur sans ordre externe.
Sur le plan matériel, l’ensemble tourne sur GPU intégrés, ce qui rend la solution commercialement plausible. Figure évoque déjà une levée de 1,5 milliard de dollars pour accélérer la mise sur le marché. L’entreprise veut des humanoïdes capables d’assister dans les cuisines, les entrepôts, les hôpitaux.
Une vidéo interne montre deux unités Helix collaborant sur une tâche de rangement. Elles se passent les objets sans parole, anticipent les gestes l’une de l’autre. « On a l’impression qu’elles se comprennent », glisse un ingénieur, peut‑être un peu ému.
Il est probable que la frontière entre perception et action soit en train de se dissoudre. Helix 02 ne planifie pas, il improvise. Du moins c’est ce que la démonstration laisse croire.
La prochaine version pourrait apprendre à agir aussi mais à raisonner sur ses propres erreurs.

