La Chine accélère la cadence industrielle tandis que les États-Unis peinent à suivre le rythme de la robotisation humanoïde. UBTech a signé le 16 mars à Shenzhen un accord stratégique avec Siemens Digital Industries Software pour atteindre une capacité annuelle de 10 000 unités dès 2026.
UBTech a déjà livré ses premiers Walker S2 en 2025 et a enregistré pour 1,4 milliard de yuans de commandes soit environ 175,5 millions d’euros. L’entreprise a donc franchi le seuil symbolique du prototype pour entrer dans la phase de production de masse. Siemens apporte son arsenal logiciel couvrant la conception, la simulation, la planification des procédés et la gestion de fabrication. L’ensemble doit permettre une numérisation intégrale du cycle de vie des robots.
Le partenariat sino-allemand traduit une ambition industrielle que Pékin soutient activement. La Chine concentre déjà près de 70% de la production mondiale de robots industriels et vise 90% du marché des humanoïdes d’ici deux ans. Les États-Unis misent sur des acteurs comme Figure AI ou Tesla Optimus mais leurs volumes restent encore limités à quelques centaines d’unités.
UBTech a investi depuis dix ans dans une architecture complète mêlant intelligence artificielle, contrôle du mouvement et mécatronique. Siemens, fort de plusieurs décennies d’expérience dans la fabrication intelligente, fournit la colonne vertébrale logicielle qui doit fiabiliser la montée en cadence. Le plan prévoit la création d’une chaîne entièrement digitalisée où chaque robot est conçu, testé et validé virtuellement avant d’être assemblé physiquement.
Zhou Jian, fondateur et directeur général d’UBTech, a déclaré que « la production de dizaines de milliers d’unités est devenue un objectif que nous devons atteindre ». L’accord prévoit aussi la formation technique du personnel et la mise en place d’un écosystème industriel autour de Shenzhen. Il s’agit d’un test grandeur nature pour la commercialisation des humanoïdes dans les usines chinoises.
Les analystes de Gasgoo estiment que la prochaine bataille se jouera sur la réduction des coûts et la fiabilité des systèmes plutôt que sur la performance des prototypes. La Chine dispose d’un avantage structurel grâce à ses chaînes d’approvisionnement locales et à la standardisation rapide des composants. Les États-Unis, eux, misent sur l’innovation logicielle et la flexibilité de conception.
Il y a donc une recomposition probable du leadership technologique mondial où la robotique humanoïde devient un indicateur de puissance industrielle.
La course est lancée et chaque robot produit rapproche un peu plus la Chine de la suprématie manufacturière.

