Bluesky augmente ses limites vidéo à 10 minutes et 300 Mo par fichier, accompagnées d’une vitesse d’envoi deux à trois fois plus rapide, une mise à jour qui propulse le réseau décentralisé au même niveau que TikTok.
Le bond est spectaculaire, surtout quand on retrace la trajectoire du réseau social. Il y a en un an à peine, la plateforme autorisait que 60 secondes de vidéo, puis est passée à trois minutes… et aujourd’hui dix. Une progression qui montre une volonté de transformer un espace né du texte court en un terrain bénéfique pour les créateurs vidéo, sans renier l’ADN conversationnel du projet.
La montée en puissance profite aussi à tout l’écosystème bâti sur le protocole AT, l’infrastructure ouverte qui sous-tend Bluesky. Des applications tierces comme Bluescreen, Reelo et Skylight héritent automatiquement de ces nouvelles capacités, un avantage structurel que ni Threads ni X ne peuvent répliquer avec leurs architectures fermées.
A titre de comparaison, Threads (Meta) plafonne à cinq minutes par vidéo. X limite ses utilisateurs gratuits à 140 secondes et réserve l’envoi de fichiers allant jusqu’à 16 Go (soit trois à quatre heures de contenu) aux abonnés payants, une politique qui a d’ailleurs fait du réseau d’Elon Musk un vecteur involontaire de fuites de films, des longs-métrages entiers y ayant récemment circulé sans autorisation. Bluesky choisit une voie plus sobre, celle d’une générosité technique offerte à tous et sans distinction d’abonnement.
Cette offensive intervient à un moment où la plateforme en a sans doute le plus besoin. Après avoir vu une envolée de son nombre d’utilisateurs après une tentative de boycott de X il y a un an, la plateforme peine a capitaliser. Les données de Similarweb, publiées par TechCrunch, révèlent une baisse de 25 % du nombre d’utilisateurs actifs en glissement annuel à la date de juillet 2026. Donner aux créateurs un format long et des uploads plus fluides est un levier qui permettra, peut être, de relancer l’engagement et attirer un public qui hésite encore entre plusieurs réseaux. C’est en tout cas le pari de Bluesky.
Dix minutes suffiront-elles à inverser la courbe ? Le format aligne Bluesky sur le standard imposé par TikTok pour les vidéos enregistrées directement dans l’application, et ouvre la porte aux tutoriels, mini-documentaires et vlogs qui peinent à exister en deçà de ce seuil. Pour un réseau qui revendique la décentralisation comme philosophie, offrir davantage de place à la vidéo sans verrouiller l’expérience derrière un paywall envoie un signal cohérent, à condition que l’audience suive.

