Le robot humanoïde T800 d’EngineAI a fait exploser les timelines chinoises en moins de vingt-quatre heures. La vidéo de lancement, tournée dans un studio sombre où la machine fracasse des portes et enchaîne des coups de pied circulaires, a aussitôt déclenché une avalanche de soupçons. Trop parfait, trop rapide, trop « cinéma »… Les internautes ont crié au trucage. Le géant de Shenzhen a donc sorti les preuves.
Sur X, la société a publié un making-of intitulé « EngineAI T800 BTS Footage Setting the Record Straight on CGI Rumors ». Exit les filtres et les coupes dramatiques, place à un plan brut où l’on voit le robot exécuter les mêmes gestes, avec ses articulations métalliques bien visibles. EngineAI jure que tout repose sur la mécanique pure, évoquant un couple de 450 newton-mètres et 29 degrés de liberté. De quoi expliquer la souplesse de ses mouvements, que beaucoup prenaient pour du rendu 3D.
Le secteur entier observe la scène avec un mélange d’admiration et de paranoïa. Xpeng a connu la même tempête après la présentation de son robot Iron, que des internautes soupçonnaient d’abriter un humain déguisé. UBTECH a dû publier un plan drone non monté de ses Walker S2 pour prouver que ses centaines d’unités dansaient vraiment à l’unisson. Même Brett Adcock, patron de Figure, a mis son grain de sel en dénonçant des reflets incohérents. Tan Min, responsable de la marque UBTECH, a répliqué que les sceptiques devraient venir voir les usines chinoises plutôt que d’analyser les pixels.
EngineAI préfère avancer. Son communiqué annonce pour 2026 une « vérification scénarisée et un déploiement à grande échelle » du T800 dans l’industrie, les services commerciaux et la compagnie domestique. Une partie de la production a déjà trouvé place dans des boutiques de Shenzhen sous le nom de « Cyber Staff ». Et pendant que les ingénieurs peaufinent les algorithmes de mouvement, la branche divertissement prépare un événement Robot Boxer prévu pour le 24 décembre.
Le T800 a donc gagné la bataille d’image, mais la guerre de la crédibilité continue. Car prouver que la machine est réelle ne suffit plus, il faut désormais démontrer qu’elle tiendra la cadence quand elle quittera le studio pour le terrain… ou plutôt pour la vie quotidienne.

