Le 16 avril 2026 marque le retour de Beef sur Netflix avec une deuxième saison qui déplace le champ de bataille vers Monte Vista Point, un country club californien où le vernis du luxe se craquelle vite. Huit épisodes de trente minutes produits par A24 scrutent, sous la direction de Lee Sung Jin, la mécanique du ressentiment dans un décor de privilèges et de faux-semblants.
Oscar Isaac incarne Joshua Martín, directeur général du club, mari de Lindsay Crane-Martín jouée par Carey Mulligan. Leur union se délite sous les yeux d’Ashley Miller et Austin Davis, jeunes employés incarnés par Cailee Spaeny et Charles Melton. Le couple de subalternes devient témoin d’une dispute domestique qui dégénère et transforme un incident privé en bombe sociale. Lee Sung Jin a expliqué que l’idée lui est venue d’une scène vécue, « un couple que j’ai vu s’effondrer sous son propre toit ».
Le tournage a eu lieu dans un véritable club de la vallée de San Fernando, où les équipes ont recréé un environnement de haute société avec un souci d’authenticité quasi documentaire. Les membres fictifs du Monte Vista Point paient des cotisations exorbitantes pour « un lieu où ils peuvent prétendre que tout va bien ». Le dialogue, glissé dans le teaser, résume la philosophie de la saison.
Youn Yuh-jung, Oscarisée pour Minari, prête ses traits à la présidente Park, propriétaire du club. Elle règne sur un empire de privilèges que son second mari, le docteur Kim interprété par Song Kang-ho, menace de faire vaciller. Le teaser montre une manche tachée de sang et une main tremblante. Rien n’est dit, tout est suggéré.
La série, déjà auréolée de huit Emmy Awards et de trois Golden Globes pour sa première saison, s’offre ici une mue. Le showrunner a voulu un affrontement moins explosif que celui de Danny et Amy, mais plus insidieux. « On a voulu que la colère soit passive-agressive » a-t-il confié à Tudum. Le conflit se déplace du bitume au bureau, du cri à la manœuvre.
Les deux couples incarnent un choc générationnel. Joshua et Lindsay appartiennent à la génération milléniale, Ashley et Austin à celle de la Gen Z. L’écart d’âge est faible mais la fracture culturelle est nette. Les aînés défendent une stabilité illusoire, les cadets cherchent une ascension sociale rapide. Le résultat est une guerre froide de regards et de faveurs.
Les producteurs exécutifs, parmi lesquels Steven Yeun et Ali Wong, veillent à maintenir la cohérence de l’anthologie. Jake Schreier, Kitao Sakurai et Anna Ouyang Moench orchestrent la mise en scène avec une précision quasi chirurgicale. Le montage alterne plans fixes et ruptures brutales, accentuant la tension psychologique.
Le teaser, publié le 14 mars, a déjà dépassé les 3 millions de vues sur les réseaux de Netflix. Les forums spécialisés évoquent une esthétique plus feutrée que la saison précédente, peut-être pour mieux souligner la violence contenue. Les dialogues sont ciselés, les silences lourds.
Il y a dans Beef saison 2 une radiographie du pouvoir social et du refoulement collectif que peu de séries osent encore proposer.

