Le nouveau trailer d’« Avengers Doomsday » a fait trembler les fauteuils des salles obscures avec un retour que personne n’osait vraiment espérer. Les X-Men des années 2000 reprennent du service et Marvel orchestre ce come-back avec le sens du timing. Patrick Stewart retrouve son fauteuil de Charles Xavier et Ian McKellen renfile le manteau de Magneto pour une séquence d’ouverture où la nostalgie se mêle à la gravité. La caméra s’attarde sur l’école des jeunes mutants et sur un jeu d’échecs suspendu dans l’air comme une métaphore de la partie que Marvel tente de rejouer avec son public.
James Marsden apparaît ensuite en Cyclops, genoux à terre, regard incandescent et décor d’apocalypse derrière lui. Un gigantesque Sentinel se profile et l’écran annonce que « les X-Men reviendront dans Avengers Doomsday ». L’effet est immédiat et la salle retient son souffle. Marvel a compris que la mémoire collective est une arme marketing et que la nostalgie vaut parfois mieux que mille effets spéciaux.
Le studio a choisi une stratégie de communication pour le moins l’expérimentale. Trois bandes-annonces en trois semaines, chacune projetée exclusivement en salle avec « Avatar : De feu et de cendres ». La première montrait Chris Evans en Steve Rogers tenant un bébé, la seconde Chris Hemsworth en Thor priant pour retrouver sa fille, la troisième donc les mutants. Le tout se termine toujours par un logo vert géant et un décompte vers décembre 2026. Une mécanique bien huilée qui entretient le mystère et fait monter la tension.
Robert Downey Jr. incarne Doctor Doom, probable antagoniste principal, et son ombre plane déjà sur tout le projet. Le clin d’œil final de « The Fantastic Four First Steps » laissait entendre que Doom avait enlevé Franklin Richards, fils de Reed et Sue. L’intrigue pourrait donc tourner autour de la descendance des super-héros, thème que les trailers semblent marteler. Thor prie pour sa fille, Steve Rogers berce un nourrisson, et Doom kidnappe un enfant. Marvel tisse un récit sur la transmission et la perte, peut-être pour renouer avec une émotion que ses derniers films avaient laissé de coté.
Chris Hemsworth a reconnu que « Love and Thunder » l’avait fait sombrer dans la caricature et qu’il devait une dernière prestation à son public. Son Thor, cheveux courts et regard las, prie Odin pour la force de combattre encore une fois. Le ton est grave et la mise en scène dépouillée. Le dieu du tonnerre n’est plus un comique de service mais un père inquiet.
Marvel mise gros sur ce film. Après les échecs relatifs de « Captain America Brave New World », « Thunderbolts » et « The Fantastic Four First Steps », la firme doit prouver que son empire n’a pas perdu la main. DC a pris l’avantage avec « Superman » en 2025 et la maison aux super-héros dorés a besoin d’un électrochoc. « Avengers Doomsday » pourrait être ce sursaut, du moins si la promesse de grandeur n’est pas qu’un mirage de bande-annonce.
Le casting est une armée de visages familiers avec Chris Evans, Chris Hemsworth, Vanessa Kirby, Anthony Mackie, Letitia Wright, Paul Rudd, Tom Hiddleston, Patrick Stewart, Ian McKellen, Rebecca Romijn, James Marsden et Channing Tatum en Gambit. Une distribution qui fait tourner les têtes et qui traduit la volonté de Marvel de rassembler toutes ses générations sous une même bannière.
Le titre « Doomsday » n’est pas un hasard. Il évoque la fin d’un cycle et peut-être la renaissance d’un autre. Marvel a toujours su que la mort d’un personnage ou d’une ère est le meilleur moyen de relancer la machine. Le public, lui, attend de voir si ce jour du jugement sera celui du renouveau ou celui du crépuscule de Marvel.

