L’attente touche enfin à sa fin. Le 19 décembre prochain, Avatar : de feu et de cendres « Ash and fire » marquera le retour de James Cameron avec son film le plus long depuis Titanic. Trois heures et quinze minutes d’immersion totale dans un Pandora revisité, plus sombre, plus intime aussi…
Le réalisateur poursuit son exploration du lien fragile entre humanité et nature vivante. Jake Sully (Sam Worthington) se retrouve à défendre sa famille contre le clan des Mangkwan, appelés aussi les “Ash People”, premiers Na’vi à incarner la menace principale. Une inversion des rôles qui bouscule la mythologie établie depuis 2009. Cameron promet d’aller “dans des zones plus obscures que jamais”. Le spectacle visuel reste colossal, mais l’émotion, elle, s’annonce brute.
Au centre de ce troisième chapitre plane une question étrange et poignante : que reste‑t‑il de Miles Quaritch ? Ressuscité en Na’vi recombinant après sa mort, l’ex‑colonel (Stephen Lang) devient un miroir fissuré de lui‑même. James Cameron confie dans Empire que son personnage “vit une crise d’identité biologique et philosophique”. Sa relation compliquée avec son fils humain, Spider (Jack Champion), pourrait bien déclencher l’improbable alliance que Jake espérait sans y croire tout à fait. Les lignes se brouillent, les ennemis changent de visage…
Guillermo del Toro, ami proche du cinéaste, a déjà vu le film. Son verdict tombe comme une bénédiction :“une œuvre totale”. Il compare Cameron à Lucas ou Baum pour sa capacité à créer une véritable mythologie moderne. Une déclaration qui relance l’engouement autour d’un projet déjà monumental. Sigourney Weaver parle d’un tournage “aussi exigeant qu’une répétition de théâtre primitif”, avec “des thèmes immenses et beaucoup en jeu”.
Avec Fire and Ash, Cameron lie spectacle technologique et drame intérieur. La durée inhabituelle ne surprend pas tant le cinéaste aime laisser respirer ses mondes et ses personnages. Après The Way of Water, il veut pousser encore plus loin les limites du réalisme émotionnel et visuel. Tout indique que ce nouvel épisode servira de pont vers les deux suivants déjà en préparation.
Alors oui, il faudra éviter la boisson avant la séance… car difficile d’imaginer quitter la salle. Sur Pandora, entre feu et cendres, quelque chose de profondément humain est en train de brûler doucement.

