Les 8 et 9 juillet 2026, le Carrousel du Louvre accueillera 9 000 participants dont 80 % occupent un poste de direction, de fondateur ou d’investisseur. La troisième édition du RAISE Summit affiche déjà 86 % de ses billets vendus, un signal que le marché européen de l’intelligence artificielle a trouvé son point de rendez-vous.
Yann LeCun ouvrira la liste des orateurs, aux côtés d’Arthur Mensch, fondateur de Mistral et fer de lance d’une French Tech qui tient tête aux Américains. Mark Cuban, propriétaire des Dallas Mavericks, croisera Eric Schmidt, ancien patron de Google, et Jim Fan, l’un des chercheurs les plus courtisés de NVIDIA. Derrière ces têtes d’affiche, plus de 350 intervenants venus d’OpenAI, d’Anthropic, d’Oracle, de BlackRock ou de McKinsey. Une concentration que peu de conférences européennes peuvent aligner, ce qui explique sans doute que Schmidt ait qualifié l’événement, lors de l’édition 2025, de « conférence tech sur l’IA à la croissance la plus rapide en Europe, et peut-être de l’histoire ».
Le RAISE ne se contente pas d’aligner des keynotes que l’on applaudit poliment avant de filer prendre son train. Le programme s’articule autour de quatre piliers, notamment Foundation, Frontier, Friction et Future, et son cofondateur Hadrien de Cournon assume l’objectif, à savoir un lieu où ceux qui construisent l’IA agissent plutôt qu’ils ne serrent des mains. Traduction stratégique pour 2026, sortir des projets pilotes et passer à la production à grande échelle. Quand quatre personnes sur cinq dans la salle décident, signent ou financent, on ne vient pas écouter… on vient lever des fonds et flairer la direction du marché avant les autres.
Les sessions promettent d’aborder l’économie du calcul, la souveraineté numérique et le fameux retour sur investissement, ce nerf de la guerre que les directions financières scrutent désormais. Des panels comme « Cracking the ROI Code » ou « Sovereign AI » posent frontalement la question que l’industrie évite depuis deux ans, l’intelligence artificielle rencontre-t-elle enfin le compte de résultat ? Le CxO Summit, sur invitation, réunira des dirigeants de Mercedes, Capgemini, AXA, Adecco et Sodexo pour confronter leurs stratégies dans un cadre fermé, loin des projecteurs.
RAISE Week déborde largement des deux jours officiels et transforme Paris en capitale de l’IA du 4 au 9 juillet. Un hackathon de 48 heures doté de 200 000 euros, une compétition de startups à 5 millions d’euros ayant réuni plus de 1 100 candidatures, et un dîner privé au château de Versailles pour quelques élus de l’industrie. La démesure architecturale répond ici à l’ambition affichée.
Le MACHINA Summit, qui ouvrira le 7 juillet à Station F, constitue le pari le plus audacieux de cette édition. Premier grand rendez-vous européen consacré à l’IA physique et à la robotique, il réunira Carolina Parada, patronne de la robotique chez Google DeepMind, et Bernt Børnich, fondateur de 1X. L’IA quitte l’écran et s’installe dans les machines, robots humanoïdes, usines automatisées et systèmes autonomes. C’est là, loin de l’engouement pour les chatbots, que se prépare la vague suivante.
Reste la question que Londres et Berlin préféreraient sans doute ne pas entendre. Paris tient-elle enfin le sceptre européen de l’intelligence artificielle, ou la robotique lui volera-t-elle bientôt la vedette ? Début juillet, la réponse se jouera à quelques pas de la pyramide du Louvre.

