Deux fiches Geekbench 7, furtivement apparues début août sous Windows 11 on Arm, ont dévoilé l’existence d’un second SKU du processeur Nvidia RTX Spark N1X, doté de 18 cœurs au lieu des 20 attendus, et flanqué d’un GPU Blackwell ramené à 5 120 unités de calcul contre 6 144 pour la version complète. Les listings ont depuis été retirés de la base Geekbench Browser, comme si quelqu’un avait tiré le rideau un peu trop tard.
Le modèle complet, agencé en clusters 10+10 cadencés à 4,0 GHz, affiche 2 570 points en single-core et 23 126 en multi-core. La déclinaison réduite (10+8, 3,9 GHz) atteint quant à elle 2 541 et 21 776, soit un retard d’à peine 1 % sur un seul fil d’exécution et d’environ 6 % en charge parallèle. L’écart multi-cœurs reste bien cohérent avec l’amputation de deux cœurs sur la grappe efficiente, soit une réduction de 10 % du parc de calcul qui se traduit par une perte de rendement proportionnellement contenue. Les deux échantillons d’ingénierie embarquent 64 Go de mémoire et partagent le même silicium ARMv8 (Family 8 Model D87 Revision 1), ce qui confirme qu’il s’agit d’un unique die dont Nvidia désactive une partie des ressources.
Face aux ténors x86 du moment, le positionnement du RTX Spark 20 cœurs se dessine avec une géométrie intéressante. Le Ryzen AI Max+ 395 d’AMD (16 cœurs Zen 5, Radeon 8060S intégrée) plafonne en moyenne à 2 429 / 20 609 sur Geekbench 7, ce qui place le N1X environ 6 % devant en single-core et 12 % devant en multi-core. L’Intel Core Ultra X9 388H, issu de la famille Panther Lake, conserve en revanche un avantage d’environ 7 % sur un seul thread (2 767 points) tout en cédant près de 20 % en charge multi-thread (19 304 points). Même la variante 18 cœurs surpasse le processeur AMD de quelque 5,6 % en multi-core, un résultat qui, pour du matériel ARM sous Windows, mérite qu’on s’y arrête.
Le Snapdragon X2 Elite Extreme (X2E-94-100) de Qualcomm complique toutefois le tableau en culminant à 25 075 en multi-core, un score que ni le 20 cœurs ni le 18 cœurs de Nvidia ne parviennent à rattraper. Et puis il y a Apple. Le M5 Max, avec ses 18 cœurs et une moyenne consolidée sur 19 soumissions Geekbench (3 766 / 35 527), laisse le RTX Spark environ 32 % derrière en single-core et 35 % derrière en multi-core. Même le M4 Pro, à 3 315 en single-thread, distance le SoC de Nvidia de 29 %. La puce verte joue donc sur un terrain Windows où la concurrence directe se nomme AMD et Intel, pas Cupertino… du moins pas encore.
Hassam Nasir, rédacteur chez Tom’s Hardware, rappelle que « ce sont des résultats préliminaires sur matériel non final » et que l’optimisation progressive des pilotes pourrait débloquer un potentiel supplémentaire. La promesse de Nvidia inclut par ailleurs la compatibilité native avec les DRM et les systèmes anti-triche dès le lancement, un point de friction historique pour les plateformes ARM sous Windows qui a longtemps dissuadé les joueurs. Si le single-core reste timide face aux architectures x86 les plus récentes et aux puces Apple Silicon, la puissance brute en multi-thread, combinée à un GPU Blackwell intégré de 6 144 (ou 5 120) cœurs, dessine un profil taillé pour les stations de travail portables orientées création et calcul parallèle.
L’existence de deux SKU suggère que Nvidia prépare une gamme stratifiée, avec un modèle d’entrée potentiellement plus abordable capable de séduire un segment plus large du marché des portables Windows on Arm. Ni les prix ni les dates de disponibilité n’ont filtré, et le retrait des fiches Geekbench indique que la firme de Santa Clara préfère encore maîtriser le calendrier de ses révélations. La question qui demeure est celle de la marge de progression entre ces échantillons d’ingénierie et le silicium final, une marge qui décidera si le RTX Spark peut transformer l’essai face à un écosystème x86 solidement retranché.

