GAME mettra la clef sous la porte de ses trois derniers magasins indépendants en avril 2026 et met fin à une histoire commencée au début des années 1990. L’enseigne qui a compté jusqu’à 300 points de vente au Royaume-Uni ne conservera qu’un réseau de concessions au sein de Sports Direct et House of Fraser soit un peu plus de 200 emplacements.
Le groupe Frasers propriétaire depuis 2019 a confirmé que les sites de Dudley Lancaster et Sutton cesseraient toute activité commerciale à la date prévue. L’entreprise avait déjà fermé son siège de Basingstoke en 2025 dans le cadre d’un plan d’économie qui a précédé la mise sous administration en janvier. C’est la seconde fois en un peu plus de dix ans que GAME passe par ce processus.
Le modèle économique a progressivement glissé vers une structure allégée centrée sur la vente en ligne et les corners intégrés. Le choix paraît logique tant la distribution physique de jeux vidéo a été laminée par la montée du téléchargement et des plateformes de vente directe. Les ventes dématérialisées représentent désormais la majorité du marché britannique selon l’UKIE.
Nick Arran directeur général depuis près de neuf ans quittera ses fonctions après la fermeture des magasins. Il avait défendu en 2023 auprès de GamesIndustry.biz la survie du support physique en affirmant que « le jeu reste notre activité principale et nous serons les derniers à vendre des jeux vidéo en boîte ». Il reconnaissait toutefois que la demande décroît lentement et que le segment des éditions collector constitue désormais le principal moteur.
Les cartes cadeaux resteront valables deux ans après leur achat et pourront être utilisées sur le site internet. Leur usage en magasin disparaîtra donc avec la fermeture des points de vente autonomes.
La stratégie de concessions offre à GAME des coûts fixes réduits et un flux de clientèle mutualisé avec les enseignes hôtes. Le pari consiste à maintenir une visibilité tangible tout en limitant les risques immobiliers. Le groupe espérait déjà en 2024 que ce modèle hybride stabiliserait les ventes physiques sans freiner la croissance du commerce en ligne.
Les joueurs britanniques perdent peut-être un repaire mais la marque conserve une présence commerciale et un canal de distribution pour les collectionneurs et les acheteurs de cadeaux.
La disparition des vitrines GAME de la High Street marque sans doute la fin d’un cycle que le marché n’avait plus les moyens de prolonger.

