Fini la bagnole qui secoue dans une ruelle et l’écran qui devient noir dès que l’action commence. Dans GTA 6, Rockstar Games lâche les freins et assume tout. Une gaffe sur le site officiel du PEGI, relayée sur les pages du PlayStation Store, confirme que le jeu affichera de vraies scènes de sexe à l’écran.
L’affaire a éclaté sur Reddit quand le joueur AashyLarry a capturé une page mise en ligne trop vite par le PEGI. L’organisme a supprimé la fiche en panique mais trop tard pour étouffer l’information. Le texte collé à côté du logo PEGI 18 décrivait des scènes de décapitations à la machette, de la coke prise sur la main, des séquences de pelotage avec des strip-teaseuses et des parties de jambes en l’air explicites. Sony a rapidement suivi en collant le pictogramme officiel sur sa boutique en ligne.
Les joueurs se sont enflammés en voyant une annonce PlayStation en Australie, affublée d’un macaron X 18+. Tous se sont persuadés que GTA 6 comportait des scènes pornos jouables. Mais, Sony avait juste fait une grosse boulette… Au pays des kangourous, la loi réserve ce sigle X aux films pornographiques. Dans le jeu vidéo, cette catégorie n’existe pas. Dépasser la limite du R 18+ là-bas déclenche un bannissement immédiat (le fameux statut Refused Classification qui interdit la vente en magasin). GTA 6 s’en tire avec un R 18+ et un avertissement officiel sur les scènes de sexe. En Nouvelle-Zélande, les autorités appliquent un label R18. Vendre le jeu à un mineur sera ni plus ni moins interdit.
Faut-il tomber de sa chaise ? Rockstar n’a jamais joué les enfants de chœur. Trevor Philips accueillait déjà tout le monde le pantalon baissé dans sa caravane dès le début de GTA V, et le chapitre The Lost and Damned montrait un sexe maculin sans censure dès 2009. Avec Jason et Lucia, le studio monte d’un cran.
Aux États-Unis, le régulateur ESRB maintient son macaron habituel M (Mature 17+), attribué à tous les épisodes récents (seul GTA 2 avait décroché un drôle de classement Teen à l’époque). L’éditeur évite surtout la sanction fatale du label AO (Adults Only). En 2005, des joueurs avaient déterré le mini-jeu coquin Hot Coffee planqué dans le code de GTA San Andreas, poussant les autorités américaines à coller ce macaron AO. Les grandes surfaces comme Walmart refusent d’exposer des jeux pour adultes dans leurs rayons, et en décrochant son classement M, Rockstar s’assure d’inonder les boutiques tout en gardant des scènes torrides.
En France, la galette débarquera avec le carré rouge PEGI 18 flanqué du logo réservé au sexe. Aucun risque d’interdiction chez nous. Les magasins bloquent la vente aux moins de dix-huit ans et les consoles activent le contrôle parental pour protéger les enfants. Strauss Zelnick (président-directeur général de Take-Two Interactive) résumait cette philosophie devant les actionnaires : « Notre volonté sur chaque production consiste à offrir aux joueurs une claque narrative qui dépasse toutes leurs attentes. » Vice City prépare un retour sans tabou, prêt à secouer tous ceux qui attendent le jeu depuis plus de dix ans.

