Xiaomi a officiellement levé le voile sur Hunter Alpha désormais identifié comme le MiMo-V2 Pro et a pris de court tout le secteur de l’intelligence artificielle. L’annonce a eu lieu les 18 et 19 mars 2026 lors du lancement mondial de la famille MiMo-V2 qui comprend aussi les modèles Omni et TTS.
Le MiMo-V2 Pro affiche 1 000 milliards de paramètres dont 42 milliards activés à chaque inférence et s’appuie sur une architecture hybride à ratio 7 pour 1. Le modèle gère un contexte de 1 million de tokens et maintient une cohérence de raisonnement sur des tâches longues sans perte de performance. Xiaomi a conçu ce système pour piloter des agents capables d’exécuter des chaînes d’actions autonomes dans des environnements logiciels ou physiques.
Sur le plan des performances, le MiMo-V2 Pro a obtenu 49 points à l’Artificial Analysis Intelligence Index soit la 8e place mondiale et la 2e en Chine. Il a atteint un Elo de 1434 sur le benchmark GDPval-AA et un score de 61,5 sur ClawEval ce qui le place juste derrière Claude Opus 4.6. Le modèle a réduit son taux d’hallucination à 30 pour cent contre 48 pour cent pour la version Flash et a amélioré son indice d’omniscience à +5.
Le coût d’exécution a été drastiquement abaissé. L’indice complet a coûté 348 dollars contre 2 304 pour GPT-5.2 et 2 486 pour Claude Opus 4.6. Xiaomi a donc positionné son modèle sur un rapport puissance-prix que peu d’acteurs peuvent égaler. Les tarifs API sont fixés à 1 dollar pour 1 million de tokens en entrée et 3 dollars en sortie jusqu’à 256 000 tokens puis doublent au-dessus de ce seuil. Les opérations de mise en cache sont temporairement gratuites ce qui favorise les usages intensifs.
Le modèle a été testé sous le pseudonyme Hunter Alpha sur OpenRouter où il a traité plus d’un trillion de tokens durant sa phase anonyme. Les utilisateurs ont rapidement remarqué des performances proches de GPT-5.2 et de Claude Opus 4.6 pour un coût divisé par six ou sept. Fuli Luo responsable du projet et ancienne figure du laboratoire DeepSeek a décrit l’opération comme une « embuscade tranquille » sur le front mondial de l’IA.
L’architecture repose sur un mécanisme de Multi-Token Prediction qui anticipe plusieurs unités de texte simultanément et réduit la latence des phases de raisonnement. Le modèle agit donc comme un cerveau d’agent général capable de planifier, coder et exécuter sans supervision humaine continue. Xiaomi a conçu ce système pour alimenter des applications de production, de logistique ou de pilotage logiciel.
Les tests tiers confirment que MiMo-V2 Pro surpasse GLM-5 et Kimi K2.5 sur la plupart des tâches d’agentic reasoning. Il a produit 77 millions de tokens pour l’ensemble du benchmark soit une efficacité supérieure à ses concurrents chinois. Sur Terminal-Bench 2.0 il a atteint 86,7 ce qui traduit une exécution fiable dans un environnement de commande réel.
Le modèle est accessible via MiMo Studio et l’API officielle à l’adresse platform.xiaomimimo.com. Xiaomi a ouvert une période d’accès gratuit d’une semaine pour les développeurs du monde entier. L’entreprise a précisé que la version open source sera publiée « quand les modèles seront assez stables pour le mériter ».
Cette offensive technologique s’inscrit dans la stratégie de convergence entre matériel, automobile et intelligence logicielle que Xiaomi mène depuis 2020. L’entreprise déjà troisième fabricant mondial de smartphones a investi massivement dans les véhicules électriques SU7 et YU7. Le MiMo-V2 Pro devient la pièce maîtresse de ce dispositif en servant de cerveau unifié pour les systèmes connectés.
Il est probable que ce lancement marque un tournant dans la compétition sino-américaine sur les modèles d’agents intelligents. Xiaomi a déplacé le centre de gravité du débat mondial sur l’IA vers la question de l’action autonome plutôt que celle de la conversation.

